vendredi , 31 mars 2017
Wallu école Sénégal (Sauver l’école sénégalaise), par Mamadou Diop

Wallu école Sénégal (Sauver l’école sénégalaise), par Mamadou Diop

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». 
Nelson Mandela

Cette arme chère à de grandes personnalités à l’image de Mandela, Gandhi, Cheikh Anta Diop et à des hommes de culte tels qu’El Hadj Malick Sy, Serigne Touba, est malheureusement en phase d’être perdue au Sénégal. En effet, en attendant les résultats du BFEM, ceux du baccalauréat ont mis à nu les gangrènes de l’école sénégalaise dans sa globalité.

Dès son élection, dans notre article « Système éducatif du Sénégal, Macky Sall face aux défis », nous interpelions le président Sall sur la nécessité de prendre à bras-le-corps l’école sénégalaise sans attendre. Et malgré deux initiatives de diagnostic (CNAES, assises de l’éducation), des actes significatifs de changement profond du système tardent à voir le jour. Pendant ce temps nos frères et sœurs élèves, les parents, les acteurs en général continuent à assister impuissant au déclin d’une institution qui est longtemps restée une référence en Afrique.

Pourtant point besoin d’interminables expertises, point besoin d’innombrables réunions ministériels, de séminaires ou de commissions de dialogue infructueuses pour se rendre compte qu’une simple volonté politique plus pragmatique suffit pour une profonde réforme de notre système éducatif. De nombreuses réformes enclenchées l’ont souvent été sous la pression des institutions de Bretton Woods. D’autres solutions préconisées restent des copies conformes d’inventions occidentales. Mais le temps est venu – nous le répétons – de tailler les contours du système éducatif sénégalais sur le modèle social, culturel, historique, économique du Sénégal en l’ouvrant bien entendant le mieux possible au reste du monde.

Nous nous attendions d’ailleurs à une réaction constructive de l’Etat avec la mise en place d’un conseil interministériel sur les causes de ces résultats catastrophiques du bac 2015. Au lieu de ça, il n’y a eu aucune référence à la question au dernier conseil des ministres du 29 juillet. Pis, la réunion hebdomadaire de ce conseil est suspendue et ne reprendra qu’au mois de septembre. Joli message aux acteurs l’éducation nationale…

Pour arriver à bout ces problèmes, l’Etat devrait commencer à penser à des solutions durables et globales au lieu de mesures ponctuelles prises ça et là sans aucune cohérence. Il faut donc une réforme totale du système (recrutement, infrastructures, curriculum, la formation du personnel enseignant …). Quant aux enseignants, l’urgence est de remettre la vocation au centre de leur métier afin de servir de premiers modèles à leurs élèves. Ces derniers ont malheureusement de plus en plus pour idole un Modou Lo, un Bala Gaye 2, un Yékini… Changer le système c’est d’abord d’amener ces jeunes héritiers de notre nation à perpétuer le culte du savoir, de la recherche, du travail légué par de grands fils sénégalais. Aux parents aussi de se réapproprier l’école, jouer pleinement leur rôle d’avant-garde pour un meilleur accompagnement des enfants dans leur cursus et leur projet pédagogique. Malheureusement nombre de parents ont longtemps légué ce rôle exclusivement à l’école et aux personnels enseignants souvent mal formés à accompagner les rêves de l’élève ou à gérer des problèmes d’ordre familiale, psychologique ou moral du jeune facilement perturbable.

MD (diopthemayor@gmail.com)

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