dimanche , 30 décembre 2018
Rétro-2018 : l’école et l’université ont écrit l’une de leurs pages les plus sombres

Rétro-2018 : l’école et l’université ont écrit l’une de leurs pages les plus sombres

Le système éducatif vient de connaître l’une de ces années les plus sombres. Aussi bien l’enseignement supérieur que le secteur allant du préscolaire au secondaire, toute la chaîne a été agitée par des grèves et parfois même des violences inouïes. La hausse du budget alloué au département de l’éducation et les réformettes apportées par le gouvernement ont été comme un simple coup d’épée dans l’eau.

Tout comme les autres secteurs, le front social n’a pas épargné le domaine de l’éducation nationale. Les grèves récurrentes ont resurgi de façon plus drastique. De plan d’action en plan d’action, les enseignements furent perturbés durant la période janvier-mai. Pour faire plier le gouvernement qui   faisait la sourde oreille, les syndicats regroupés au sein du G6 (groupe des six syndicats les plus représentatifs) ont battu le macadam dans les plus grandes villes du Sénégal. A leur suite, les élèves, consternés par un bras de fer sans issue, entament une série de plans d’actions pour faire réagir le gouvernement sénégalais. Des marches et affrontements avec la police sont notés partout et des élèves perdront l’usage de leurs yeux pour avoir reçu des grenades lacrymogènes en pleine figure lors d’une manifestation à Thiès, le 23 février 2018. En plein tumulte, le 5 mars plus précisément, le ministre Serigne Mbaye Thiam brandit l’idée d’interdiction du « khar matt » en guise de représailles aux enseignants grévistes qui dispensent des cours dans le privé.

Le premier ministre, après plusieurs rencontres avec le G6, n’est pas arrivé à les convaincre notamment sur la question de l’alignement de l’indemnité de logement, point d’achoppement des négociations. Ce n’est qu’au 30 avril, avec l’intervention de la première dame Marième Faye Sall, que les syndicats ont pu faire des concessions. L’indemnité de logement sera rehaussée à 100 mille francs avec une augmentation de 15 mille francs au mois d’octobre 2018, 10 mille au mois de janvier 2019 et 15 mille en janvier 2020. Mais au grand dam des enseignants, les 15 mille francs du mois d’octobre furent imposés à tel point que les secrétaires de syndicats ont dû dire leur mécontentement.

Pourtant l’année 2018 avait bien été entamée avec la conférence du « Partenariat mondial de l’éducation » tenue à Dakar le 2 février 2018. Une cagnotte de 2,3 milliards de dollars a été collectée lors de ce sommet qui avait comme hôte le président français Emmanuel Macron et Rihanna entre autres invités. De ce sommet, on retient aussi la visite de Macron à l’école Hann Bel Air grâce notamment à la question sur le nombre d’élèves en salle, à laquelle question l’enfant répondit en révélant le « maquillage » de 25 élèves depuis « trois jours ».

L’enseignement supérieur aussi a écrit ses pages les plus vilaines en cette année 2018. Avec la mort de l’étudiant Fallou Sène de l’université Gaston Berger de Saint-Louis survenue le 15 mai, le monde universitaire balance dans des marches et protestations inédites. Toutes les universités du Sénégal ont dû hausser le ton. Une fédération est mise sur place et, dans une approche de « diviser-pour-régner », le chef de l’Etat reçoit les étudiants par université et à tour de rôle. De fortes décisions sont prises : la justice pour l’étudiant, la réduction des tickets de repas de 75 CFA à 50 CFA pour les petit-déjeuner et de 150 CFA à 100 CFA pour les repas. En procédant ainsi, le président réussira à sauver ses ministres Mary Teuw Niane et Amadou Ba dont le départ était exigé.

Comme conséquences à ce sinistre évènement de l’université de Saint-Louis, le recteur Baydallaye Kane et le directeur du CROUS Ibrahima Diaw seront mis au placard le 19 mai Ils seront respectivement remplacés par le professeur Ousmane Thiaré et Pape Ibrahima FayeLes archives de l’UGB disparaissent sous le feu de la colère des étudiants, tout est brûlé et les enseignements sont suspendus. Le 10 aoît, l’assemblée de l’université décrète l’année invalide pour 4 Unités de Formation et de Recherches (UFR). Il y a aussi le calvaire des étudiants envoyés dans le privé et qui sont renvoyés parce que l’Etat doit une dette de 16 milliards à ces écoles de formation et instituts.

L’année 2018 a été aussi pour les enseignants l’occasion de tirer sur l’organisme Human Rights Watch qui a sorti un rapport incriminant ces derniers. Une levée de bois verts a été constatée contre l’ONG qui accusait les enseignants de « prédation sexuelle » en milieu scolaire dans un rapport publié le 18 octobre. Après que le ministère de l’éducation a contesté cette étude et a parlé de pression pour faire introduire l’éducation sexuelle dans le programme, des syndicats du G6 dont le SAEMSS de Saourou Sène ont dû envisager de porter plainte contre cette organisation. Pour eux l’étude révélée ne présente aucune scientificité tant l’échantillon était insuffisant pour faire de telles conclusions.

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