jeudi , 22 juin 2017

Résultats Jangandoo 2016 : Dakar, capitale de l’apprentissage

Dakar n’est pas seulement la capitale administrative du Sénégal. En effet, selon les résultats 2016 du baromètre Jangandoo, sur le niveau d’apprentissage des enfants, elle est également en tête du classement. C’est ce qu’ont indiqué hier les acteurs lors de la journée de restitution locale.

Lancé depuis 2012, au Sénégal, le baromètre Jangandoo est un programme d’évaluation des apprentissages en faveur de la qualité de l’éducation. Une évaluation citoyenne et indépendante qui s’inspire de l’expérience menée en Inde, au Mali, au Kenya. Depuis cette date, il a été expérimenté dans les 45 départements du pays. Mais, selon les résultats rendus publics hier par ses initiateurs, même si le niveau d’apprentissage ‘’est encore faible’’ au Sénégal, à Dakar, les enfants ont un niveau plus élevé.

Le programme a ciblé 16 000 ménages pour toucher 22 000 enfants, âgés de 9 à 16 ans, qui sont ou non dans un lieu d’apprentissage. L’évaluation s’est faite en français ou en arabe, selon le choix de l’enfant. Il est évalué en lecture, en calcul et en culture générale. ‘’Les pourcentages en lecture sont de 33%, en mathématiques, le taux de réussite est de 39% et en culture générale, il est de 45% pour le département de Dakar. La région de Dakar vient en tête. Mais au niveau du Sénégal, les résultats sont très faibles. Ce sont des performances en-deçà de nos objectifs’’, a expliqué Coumba Loum, coordinatrice du programme Jangandoo à la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep).

Pour sa part, le président du Conseil d’administration de la Cosydep, Moussa Mbaye, a soutenu que si on regarde les résultats, du point de vue de la qualité de l’éducation, il y a ‘’d’énormes problèmes’’. Or, selon lui, pour la question de l’éducation, le renforcement des capacités est ‘’essentiel’’, si on veut prétendre à ‘’se développer et être un pays émergent’’. ‘’C’est pourquoi il faut suivre cet aspect-là avec attention. Parce qu’investir beaucoup d’argent et de temps pour donner cette chance-là à nos enfants, aux jeunes, pour qu’au final, se retrouver avec des résultats inverses, ce n’est pas la bonne démarche’’, a dit M. Mbaye. En effet, les résultats du programme Jangandoo indiquent que les enfants issus de familles nanties ont réussi les tests.

‘’On a des performances plus élevées dans le privé que dans le public. Les parents s’intéressent à la qualité de l’apprentissage. Ils dépensent beaucoup d’argent dans ce domaine pour la réussite de leurs enfants. On a également noté que les enfants qui sont issus de ménages tenus par des femmes ont obtenu des résultats plus satisfaisants que la moyenne’’, a renchéri le président du Conseil d’administration de la Cosydep. Ainsi, ce programme permet, selon lui, à la communauté de ‘’mieux appréhender’’ la qualité de l’apprentissage.

Cette restitution vise à ‘’alimenter les débats’’, à donner l’information aux parents, à la communauté éducative, aux élus locaux et aux autorités de ce pays. ‘’Ce baromètre fournit des informations utiles et fiables à partir d’une évaluation faite au niveau des ménages. Il alimente également les actions de plaidoiries de la Cosydep, pour qu’on puisse développer des recommandations qui sont alignées sur les réalités du terrain’’, a soutenu Moussa Mbaye.

De la nécessité de faire des évaluations

Dans une dynamique consensuelle, entre l’Etat, les collectivités locales, les acteurs de l’Education et les partenaires au développement, le Sénégal pense à mettre en œuvre un système éducatif lié à la formation. C’est ce qu’a précisé le Sous-préfet de l’arrondissement de Dakar-Plateau, Djiby Diallo. Cela, ‘’pour que nos enfants puissent, dans un monde de compétition, être à la phase de cet environnement en prenant en compte non seulement les besoins de la société, mais surtout avoir une indépendance dans la prise de décisions et dans la mise en œuvre de notre propre développement’’, a-t-il affirmé.

Le Sous-préfet de Dakar-Plateau d’indiquer, qu’en mettant en place un outil d’apprentissage, il est important à un certain moment ‘’d’évaluer les performances’’, de voir les points forts, les points faibles. Ce travail est dans l’optique, pour lui, de ‘’faire des correctifs’’ qui peuvent amener à lier l’école à la vie. ‘’Sans évaluation, nous ne pouvons guère mesurer les performances. Les 22 000 enfants dans trois régions constituent une étape déterminante pour, aujourd’hui, mener à bon port cette expérimentation que nous sommes en train de mettre en œuvre’’, s’est-il réjoui.

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