jeudi , 30 mars 2017
LYCEE DE MBAO : Focus sur le Club des amis de la nature

LYCEE DE MBAO : Focus sur le Club des amis de la nature

Quant l’espace éco-pédagogique devient un support éducatif

Une sensibilisation adaptée à tous les publics notamment aux jeunes apprenants est nécessaire pour la protection de l’environnement. Au lycée d’enseignement secondaire de Mbao, les autorités semblent s’inscrire dans cette logique. Arbres, fleurs, jardin botanique, poubelles artisanales attirent l’attention de ceux qui pénètrent dans l’école pour la première fois. Une visite guidée dans l’espace éco-pédagogique de cet établissement a révélé l’importance que revêt, pour les autorités les aspects environnementaux dans leur mission éducative globale.

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Le jardin botanique : moteur dans la diffusion des connaissances :

Pour certaines de leurs expérimentations, les professeurs des sciences de la vie et de la terre (SVT) du lycée étaient obligés de se déplacer vers d’autres sites. Ainsi, le lycée disposant de vastes espaces inoccupés, l’idée d’initier un projet de jardin éco-pédagogique offrant un support concret de travail pratique est née. La réalisation de cette vision, dès mars 2011, se décline en diverses activités et réalisations faites par les élèves sous la houlette d’une équipe d’encadrement dynamique. « Les activités menées dans ce jardin botanique entraînent les élèves dans un lieu où l’imagination est développée et la biodiversité rime avec transversalité », a souligné M. Wade responsable de cet espace éco-pédagogique ». « C’est un lieu idéal pour initier ou finaliser un projet didactique », a-t-il ajouté. Territoire aménagé ayant pour but la présentation d’espèces et variétés horticoles ou poussant naturellement dans divers biotopes, lieu de sauvegarde et de conservation d’essences menacées par l’urbanisation à outrance et les aménagements agricoles peu respectueux de l’écologie, un jardin botanique satisfait un certain nombre d’objectifs : la recherche scientifique, l’éducation, l’enseignement, l’information et la documentation, etc.

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De ce fait, plus qu’un support pédagogique, selon M. Wade, « le jardin botanique permet la mise en place de plusieurs activités autour de l’environnement ». « Il est un lieu, affirme-t-il, de vie et de création ». Mais pour qu’il voie le jour, il est nécessaire que les élèves se l’approprient. C’est le cas au lycée de Mbao où les élèves membres du club des Amis de la Nature sont chargés d’assurer les activités du jardin. « C’est nous qui arrosons les cultures tous les matins et soirs et nous nous retrouvons les mercredis après midi et samedis matins dans le jardin » a laissé entendre Papis Akoï Diop président du club. Pour la réussite d’un tel projet, il est indispensable d’impliquer les élèves, de prendre en compte leurs idées. « Nous sommes impliqués. Nous aimons cultiver et nous occuper de l’environnement » a-t-il ajouté. Une visite guidée avec ces élèves a permis de découvrir les activités qu’ils mènent dans ce jardin. Ils y font de l’aviculture, du maraichage, de la pisciculture avec deux bassins, du micro-jardinage, de la floriculture, de l’arboriculture, etc.

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Intérêt des activités périscolaires

Ayant bénéficié des formations au niveau du Centre de Formation Horticole de Camberene, du Centre Avicole de Mbao et de l’Agence Nationale d’Aquaculture. Les élèves membres du club des Amis de la Nature, en plus de leur Baccalauréat en poche, terminent leur cycle secondaire avec des compétences en agriculture, en élevage, en pisciculture, et en micro- jardinage. « Ce qui est intéressant dans ces activités », souligne le responsable de cette espace éco-pédagogique, « c’est que l’élève passe son temps libre à faire des choses utiles». « En s’activant dans ce jardin », dit-il, « ils apprennent à faire une pépinière, à faire du maraichage. Ils apprennent à élever des poulets de chair, etc. ». « En 2011, poursuit-il, ils étaient des dizaines à recevoir des attestations signées par le Directeur de l’élevage. C’est un atout pour l’élève qui, en dehors de l’apprentissage intra-muros (à l’intérieur des classes), peut acquérir du savoir-faire pratique et être à la pointe du développement socio-économique durable ». Selon M. Wade avec le jardin botanique, l’école suscite des vocations. «Nous donnons aux élèves l’opportunité d’acquérir plusieurs compétences. Libre à eux de choisir le métier qu’ils veulent en lien avec leur profil, avec leurs potentialités » a t- il indiqué. « Il y a parmi eux », poursuit-il, « des ingénieurs agronomes qui ont réussi a entré à l’école nationale supérieure d’agriculture de Thiès et qui reviennent nous rendre visite ». L’ex-présidente du club des amis de la nature, devenue étudiante a été selon M. Wade première de son jury au Bac. C’est dire que les activités qu’ils font ont un impact positif sur les résultats scolaires.

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Atout du micro jardinage

Le responsable de l’espace éco-pédagogique du lycée estime que le micro jardinage n’est pas bien exploré chez nous. Et pourtant dit-il, « les conditions sont réunies pour son développement ». « Malheureusement », a-t-il regretté, « ce n’est pas le cas ». Pour lui, les populations citadines pouvaient bien accroître ce secteur pour favoriser leur autosuffisance alimentaire.
Selon M. Wade, les activités agricoles sont utiles à deux niveaux. D’abord, argue t-il, « elles constituent une réponse à la question du chômage des jeunes, donc c’est un important générateur d’emplois ». « Ensuite » poursuit-il, « elle peut lutter contre la malnutrition qui est une réelle source de préoccupation dans les pays en développement ».

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Inoculer le virus agricole dès le bas âge

« L’appropriation des programmes économiques, notamment agricoles, par les populations doit commencer par l’école. C’est là un creuset d’incubation d’une mentalité de production et donc de revalorisation du travail de la terre » a souligné le responsable du club des amis de la nature monsieur Khalifa Wade. « Une école qui ne forme que des bureaucrates, incapables de créer quoi que ce soit, c’est dépassé » fulmine t-il. « On a besoin d’un changement de mentalité pour que notre pays se développe » a-t-il enchainé. Pour lui l’agriculture n’est pas un métier honteux dépassée et réservée aux pauvres. Au contraire, pense t-il « c’est un métier noble ». Dans le contexte actuel du pays, ou le taux du chômage est de plus en plus élevé, M. Wade estime qu’il serait incongru de mépriser ce secteur.

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A propos de Pierre GOMIS

Journaliste - Blogueur

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