samedi , 24 mars 2018
Les assises de l’éducation ont coûte plus de 500 millions:LES RECOMMANDATIONS RANGEES AUX OUBLIETTES

Les assises de l’éducation ont coûte plus de 500 millions:LES RECOMMANDATIONS RANGEES AUX OUBLIETTES

Le système éducatif sénégalais souffre d’une crise cyclique. Ce qui inquiète la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) et l’Open society initiative for West africa (Osiwa) qui se sont retroussés les manches pour lui apporter un traitement choc. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’atelier de formation organisé à l’intention des professionnels de médias. Pendant deux jours, les responsables de ces deux organisations vont user de toutes les voies de recours pour amener le gouvernement à appliquer les recommandations issues des assises nationales de l’Education.

Le secteur éducatif a subi plusieurs réformes. D’abord pendant les indépendances. Puis en mai 1968. Ensuite en 1981 avec les états généraux de l’éducation et de la formation (Egef). En 2013, il y a eu la mise en place du programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence dans l’éducation et la formation (Paquet-Ef) sur la période 2013-2025. Et enfin, on a les assises nationales de l’éducation et de la formation (Anef) en 2014 qui ont englouti d’importantes ressources financières. Malgré le changement de paradigmes, les évaluations récentes montrent que le niveau d’acquisition des élèves, surtout dans les disciplines fondamentales, reste faible et l’utilisation des ressources peu efficiente.

Faisant partie des panélistes, le professeur Bouba Diop estime que l’éducation sénégalaise est malade depuis sa naissance. «Pour mieux comprendre les forces et les faiblesses de notre système d’éducation et de formation, nous devons nous focaliser sur trois phases. Il s’agit de la phase coloniale où la politique était de produire le personnel subalterne, la phase post coloniale et la période des indépendances qui ne fait que produire des chômeurs. Environ 250.000 par an», soutient l’historien.

Pour le Pr Bouba Diop, l’école sénégalaise ne répond plus à sa vocation. Elle n’enseigne plus ses élèves. Les assises nationales de l’Education tenues en 2014 ont fait renaître l’espoir. «En 2007, les études ont montré que 45% des gens qui exerçaient dans le domaine de l’éducation n’avaient pas de diplômes. Nous voulons une école efficiente dans un système de gestion sobre et vertueuse. Trois grandes recommandations sont sorties à l’issue des assises de l’éducation : une école pour tous, une école de qualité et 11 décisions dont certaines sont peu appliquées, d’autres pas du tout». Pour divulguer les recommandations issues des assisses nationale de l’Education, indique le coordonnateur national de la Cosydep Cheikh Mbow, il est important de s’appuyer sur les journalistes et de les outiller davantage. «En ces deux jours de formation, les journalistes doivent avoir des arguments nécessaires pour pousser l’État, la société civile, les syndicats d’enseignants et les parents d’élèves à davantage faire face à leur responsabilité», affirme Cheikh Mbow. Il considère que la solution aux maux du système éducatif se trouve dans ces assises qui ont coûté plus de 500 millions FCFA. «Nous devons travailler à ne pas oublier ces recommandations et à les mettre en oeuvre», soutient le coordonnateur de la Cosydep. D’autant que, révèle le Pca de la Cosydep Moussa Mbaye, 10% seulement des recommandations ont été appliqués. Selon le Pr Bouba Diop, il faut aller au-delà des réformettes. «Au-delà de ces stratégies de mise à jour, il faudra prendre en compte toutes les recommandations issues des assises, l’orientation qui avait été définie de manière consensuelle par tous les acteurs et aller vers une véritables refondation du système de l’éducation et de formation de sorte qu’il puisse répondre aux besoins et aux aspirations des communautés», clame le Pr Bouba Diop.

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