mercredi , 21 juin 2017
Le système éducatif sénégalais doit intégrer  »les nouveaux défis », selon Mamadou Ndoye

Le système éducatif sénégalais doit intégrer »les nouveaux défis », selon Mamadou Ndoye

Les enjeux du système éducatif sénégalais ne doivent pas se limiter l’éducation formelle mais devraient plutôt intégrer «les nouveaux défis» que ce secteur doit prendre en charge pour les besoins de son développement, a soutenu, jeudi à Dakar, l’ancien ministre de l’Éducation de base et des Langues nationales, Mamadou Ndoye, actuel secrétaire général de la Ligue démocratique (LD).

«L’éducation dans un pays ne se limite pas au système formel d’éducation, les daaras, les écoles franco-arabes, les lieux de travail où on fait de l’apprentissage, les lieux de loisirs sont aussi des lieux d’éducation», a-t-il déclaré lors d’un panel organisé en prélude du 7e congrès ordinaire de l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN), prévu vendredi et samedi.

«Il faut pouvoir identifier et mobiliser les ressources éducatives de la société et les mettre de manière intégrée au service du développement de l’éducation», a déclaré M. Ndoye, ancien SG de l’UDEN.

Selon Mamadou Ndoye, «il ne faut pas limiter notre vision de l’éducation à l’infime partie du système formel», au regard de l’importance des défis auxquels ce secteur se trouve confronté.

Il a proposé que soit analysé «profondément le discrédit qui pèse sur l’école publique», un constat «terrible pour les enseignants». «Aujourd’hui, tout parent qui a les moyens se tourne vers l’école privée», a-t-il relevé.

«Il y a aussi le défi de l’instabilité du système éducatif, et ce défi est à la fois enseignant, syndical et un défi de gouvernance», a souligné Mamadou Ndoye, faisant état d’un décalage entre l’offre d’éducation et la demande de l’économie et de la société.

«Il y a le décalage entre une offre qui n’est plus actuelle et une demande qui est actuelle. L’offre que nous avons, continue d’être une offre pour donner des employés à l’administration et à des maisons de commerce», a-t-il soutenu.

«Nous ne formons ni pour entrepreneuriat, ni pour l’auto-emploi (…)», ajouté Mamadou Ndoye, selon qui le système éducatif doit «passer d’une logique d’offre à une logique de demande».

«L’école et les enseignants doivent obéir à une demande de l’économie et à une demande de la société. Ils doivent s’adapter à cette demande», a-t-il indiqué, avant de plaider en faveur d’une «éducation de qualité qui assure la réussite de tous, s’occupe des apprenants en difficulté, les aide, les accompagne, prépare des stratégies de remédiation et de rattrapage et permet ainsi à tous de savoir lire, écrire, calculer et maîtriser des compétences de base’’.

Il a par ailleurs appelé à «un véritable consensus national pour une reforme de longue durée» de l’éducation, dans l’objectif de mettre ce secteur «à l’abri des changements de gouvernance».

«Nous avons besoin, si nous voulons réussir une réforme, de la mise en œuvre d’un véritable consensus national qui dépasse les alternances politiques et les changements ministériels. Il faut une réforme sur une longue durée. De ce fait, quels que soient les changements de gouvernance ou de ministre, la reforme continue», a-t-il proposé.

APS

 

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