samedi , 1 avril 2017
Insertion socioprofessionnelle – Plaidoyer pour une meilleure prise en compte des sourds et malentendants

Insertion socioprofessionnelle – Plaidoyer pour une meilleure prise en compte des sourds et malentendants

Un atelier national de sensibilisation pour le développement du langage des signes et de sa didactique s’est ouvert, vendredi, à Dakar. Organisé par la Commission nationale de l’Unesco, la rencontre se veut une contribution à la politique d’inclusion sociale du ministère de l’Education nationale.

L’éducation inclusive, équitable et de qualité pour tous ne pourra être atteinte sans une prise en compte des besoins de toutes les catégories et couches de la société dans le système éducatif. C’est fort de ce constat que le gouvernement du Sénégal a développé le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet). Ce programme a pour vocation d’arriver à « un système éducatif et de formation conforme aux exigences du développement économique et social, plus engagé dans la prise en charge des exclus et fondé sur une gouvernance inclusive… ».

Pour accompagner cette politique du ministère de l’Education nationale, la Commission nationale de l’Unesco organise un atelier national de sensibilisation pour le développement du langage des signes et de sa didactique. L’objectif, a expliqué le secrétaire général de cette Commission, Aliou Ly, est d’œuvrer aux côtés du gouvernement et des collectivités locales pour une meilleure prise en compte des sourds et des malentendants dans les programmes de formation et d’insertion socioprofessionnelle. Cela passe d’abord par le développement de l’apprentissage du langage des signes : leur moyen de communication. « Il est vrai que le langage des signes ne se développera que s’il est bien connu et ne sera bien connu que s’il est bien enseigné », a-t-il fait remarquer. M. Ly a affirmé que cet atelier offrira aux enseignants un espace d’échange et de partage d’approches pédagogiques et une opportunité de confrontation de leur pratique quotidienne en classe.

Cette rencontre est aussi une occasion de faire le point sur la prise en charge des personnes sourdes et malentendantes. Sur ce point, a estimé Moustapha Mbodji, consultant en politique sociale, ce qui est fait est relativement « minime ».

De l’avis de ce dernier, ces personnes sont pratiquement exclues des dispositifs du système éducatif, sanitaire et judiciaire. D’où, a-t-il avancé, toute la pertinence d’aménager un dispositif de manière à créer les conditions d’une prise en charge correcte des personnes handicapées. M. Mbodji a annoncé le lancement d’une initiative nationale pour plaider en faveur de l’introduction du langage des signes dans le système éducatif.

Quant à Joseph Pierre Ndiaye, directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale, il a noté que la thématique recoupe les politiques sectorielles des ministères de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et de la Santé qui, chacun dans son domaine, met en application la loi d’orientation sociale relative à la protection des personnes handicapées. « L’ambition est donc de créer une école de l’équité et de l’égalité des chances, une école qui intègre les besoins éducatifs spéciaux dans les curricula de formation et à tous les niveaux du système », a soutenu M. Ndiaye. Il a relevé l’urgence d’intégrer les personnes vivant avec un handicap et de revisiter la didactique du langage des signes pour une société plus inclusive et pour donner une réponse appropriée aux changements économiques et sociaux. « La maîtrise du langage des signes par nos concitoyens, dans un environnement de solidarité affective et effective, permettra d’activer des programmes développant des capacités techniques et professionnelles. Cela, à travers des référentiels de compétences », a déclaré le directeur de cabinet.

Le soleil

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