mercredi , 19 juillet 2017
Être au chômage est très mauvais pour la santé

Être au chômage est très mauvais pour la santé

Le chômage est « un problème majeur de santé publique » avec 10.000 à 14.000 décès par an qui lui sont imputables.

Selon de rares enquêtes réalisées sur le rapport entre chômage et état de santé, le taux de mortalité chez les chômeurs est nettement supérieur à la moyenne. Selon Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, le chômage tue « entre 10.000 et 20.000 personnes par an » (des chiffres toujours d’actualité bien que son étude, qui portait sur 6.000 volontaires âgés de 35 à 64 ans, ait été menée entre 1995 et 2007). Être privé d’emploi a « des effets majeurs sur la survenue d’accidents cardiovasculaires et de pathologies chroniques » en plus de l’anxiété, du stress, de l’hypertension, du mal être, de la dépression, de l’addiction au tabac et à l’alcool, pouvant même aller jusqu’à une rechute de cancer.

En France outre-mer, le chômage atteint quasiment le double de celui de la France métropolitaine. De très nombreux facteurs influent sur le niveau de chômage: l’état de l’activité économique, les restructurations en cours et la composition de la population, certaines zones comptant en effet moins de personnes en âge de travailler que d’autres.

Le chômage est reconnu comme un problème économique, social ou politique mais, selon le Conseil économique, social et environnemental (Cese), il est aussi « un problème majeur de santé publique » avec 10.000 à 14.000 décès par an qui lui sont imputables. Autre statistique troublante qui découle de la perte d’un emploi: pour 10% de chômage, on constate 1,5% de suicide, les plus concernés étant les hommes de 25-49 ans. Les chômeurs les plus éprouvés se trouvent en Bretagne, et plus particulièrement dans les Côtes-d’Armor avec 30 suicides pour 100.000 habitants, à contrario, les moins fragilisés se trouvent en région parisienne (entre 3 et 4 suicides pour 100.000 habitants).

S’il existe une variation assez importante dans les estimations du taux de suicide, cela est dû principalement à une sous-estimation de ces suicides. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) indique qu’il peut s’agir de l’enregistrement d’une cause médicale de décès qui masque le suicide, du genre « mort violente indéterminée quant à l’intention »).

Le chômage a également des conséquences sur l’entourage de la personne concernée. Il fait augmenter la séparation des couples et les violences au sein de la famille et, par conséquent, obère l’avenir des enfants. Le chômage des parents diminuerait en effet de façon significative la probabilité d’obtention du baccalauréat par les enfants.

Si le chômage représente un défi majeur de notre société qui mériterait une solution proportionnelle à son importance, il semble qu’il soit plutôt perçu par nos gouvernements comme un fléau embarrassant, le « bâtard » indésirable de notre économie.

Concrètement, le chômage en France a augmenté de 47% dans la dernière décennie alors que la population est restée quasiment stable durant cette même période (environ 65 millions d’habitants), ce qui représente une augmentation à la fois bien réelle et énorme. Le taux de chômage est actuellement de 10%, beaucoup plus élevé que dans d’autres pays de l’Union européenne (par exemple, 4% en Allemagne).

Dans l’attente, et l’espoir, de solutions politiques au cours du prochain quinquennat, il peut être utile de prodiguer quelques conseils pour mieux surmonter cette épreuve du chômage. Il s’agit notamment d’y voir l’occasion de se réinventer par une méthode appelée le « funemployment » (un jeu de mots anglais qui combine les termes « fun » et « unemployment » c’est-à-dire le plaisir et le chômage). Parler de chômage-plaisir à l’heure où la France compte plus de 3 millions de chômeurs peut sembler choquant mais pas forcément désespéré, comme le démontre Lilou Macé dans son livre « J’ai perdu mon job et ça me plaît ». Peut-être pourrait-on s’inspirer de ses paroles: « Je ne cherche plus la réussite matérielle. Je fonctionne avec le cœur, moins avec le cerveau. Ma philosophie s’inspire des lois de l’attraction : si on est co-créateur de sa vie, elle devient plus belle. »

 

Huffingtonpost

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