lundi , 22 mai 2017
Éclairage : Dialogue fécond

Éclairage : Dialogue fécond

Les crises universitaires sont récurrentes dans toutes les démocraties, parce que ces régimes permettent et garantissent toutes les libertés dans le respect de l’État de droit.
Les crises universitaires sont récurrentes dans toutes les démocraties, parce que ces régimes permettent et garantissent toutes les libertés dans le respect de l’État de droit. Il n’ya pas si longtemps, l’Angleterre et le Canada avaient vécu des contestations estudiantines d’envergure. La crise de 1968 demeure la référence pour avoir touché les continents américains, européen et africain. Aujourd’hui, la crise qui secoue les universités sénégalaises est très loin de cette remise en cause que fut 1968. Elle est cependant un lourd héritage des décennies passées et de la gestion démagogique du défunt régime Wadiste. Donner des bourses à la quasi-totalité des étudiants est une forfaiture intellectuelle doublée d’un sabotage financier. Car, le Sénégal ne peut pas se payer un tel luxe qu’aucun autre pays au monde n’a osé. Et la question ne se résume pas au montant, mais à l’incapacité de faire face.

La forfaiture intellectuelle est évidente, car la bourse n’est pas un droit, les études universitaires ne le sont pas non plus.
Aucun État démocratique ne doit, à ses citoyens, l’accès aux études supérieures. Celles-ci sont une affaire de talent, de mérite, de volonté et de persévérance.
Ce que l’État démocratique doit à ses citoyens, c’est l’exigence de savoir lire, écrire et compter et donc l’école est obligatoire jusqu’à un certain âge, selon les moyens disponibles. Les étudiants doivent donc savoir qu’ils sont certes une élite dont la Nation est fière et cherche, dans son propre intérêt, à mettre dans les meilleures conditions pour réussir dans les études. Mais leur situation, aussi difficile soit elle, est celle de privilégiés dans un pays en développement.

Il n’est évidemment pas question de revoir des acquis déjà pris en compte dans le cursus, mais de rationnaliser le système pour le rendre plus performant dans l’avenir, avec des moyens conséquents en adaptation avec les ressources de l’État et les besoins réels des étudiants méritants.
Il faut savoir que la République, c’est la méritocratie et c’est dans l’intérêt bien compris de la collectivité de mettre les meilleurs aux premières loges.
La République, c’est aussi, le dialogue permanent pour résoudre des conflits quels qu’ils soient. C’est pourquoi le président de la République s’est saisi, personnellement, du dossier de la crise universitaire pour lui trouver une solution durable. Sa démarche est à saluer et à encourager. Elle autorise déjà tous les espoirs au vu de la participation spontanée des différents acteurs croisés par le chef de l’État qui est dans son rôle.
Le Sénégal est une grande démocratie apaisée que les vicissitudes d’un contexte social spécifique ne peuvent secouer. Chacun sait faire la part des choses et agir en responsable.

L’État n’a aucun intérêt à laisser perdurer la crise, au contraire. Les étudiants n’y ont pas intérêt non plus, car le temps n’attend pas.   Il faut cependant que la raison prévale et que les étudiants refusent toute manipulation politique. La mort de l’étudiant Bassirou Faye est une tragédie qu’il faut déplorer. L’enquête en cours ira jusqu’au bout comme le veut le chef de l’État qui a pris toutes ses responsabilités dans cette affaire pour manifester sa compassion à l’égard de la famille du défunt et instruit le gouvernement  pour que l’enquête soit diligentée.  C’est une véritable rupture avec un passé récent tragique et triste à la fois. Le président Macky Sall a posé des actes pour qu’un dialogue fécond s’engage avec tous les partenaires et il s’est mis en première ligne pour donner le la.
Son engagement est total, sa réussite le sera aussi.  INCHA ALLAH !

 Par Mamadou Amadou Tamimou WANE.

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