dimanche , 19 mars 2017
CRISE SCOLAIRE : OU EST LE PACTE DE STABILITE ?

CRISE SCOLAIRE : OU EST LE PACTE DE STABILITE ?

La crise scolaire s’enlise. Le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants n’a toujours trouvé un épilogue pour un retour normal des cours. Les deux parties qui se rencontrent aujourd’hui jeudi à 16 heures pour une énième fois au ministère de l’Éducation nationale sur le protocole d’accords. Loin de s’imaginer pareille situation de crise dans laquelle le système éducatif s’est empêtré pour la présente année académique, une question dès lors taraude les esprits des Sénégalais : où sont les conclusions des Assises nationales de l’Éducation et de la Formation ? D’autant que toutes les énergies étaient mobilisées pour une période d’accalmie d’au moins de 3 ans. La signature du pacte de stabilité, un des documents normatifs des Assises, était la voie indiquée pour atteindre les objectifs du projet de société.
Où sont les conclusions des Assises nationales de l’Éducation et de la Formation qui attendent toujours d’’être traduites en mesure par un Conseil présidentiel ? La question se pose avec acuité et mérite débat si l’on sait que la situation de l’école sénégalaise est en train de prendre une mauvaise direction. Les grèves des syndicats d’enseignants qui réclament l’effectivité du protocole d’accords ont fini par affecter gravement le quantum horaire à seulement 40 jours des examens de fin d’année. Pourtant cette situation actuelle pourrait être évitée si et seulement si les différents acteurs des Assises avaient pris la pleine mesure de trouver les voies et moyens de signer le pacte de stabilité, un des documents normatifs des assises, en plus du code de déontologie de l’enseignant, le serment.Avoir les différents points de ce pacte de stabilité, on pourrait dire sans risque de se tromper que l’école sénégalaise, au grand bénéfice de tous les citoyens, était partie pour une période d’accalmie de trois (03) ans. C’est parce que tout simplement ce pacte obligerait le gouvernement de « mettre en œuvre effectivement les mécanismes de dialogue social et d’appliquer strictement les accords signés ; d’appliquer les conclusions des assises de l’éducation ». Aux syndicats d’enseignants, les associations et amicales d’élèves ou d’étudiants, d’observer une période d’accalmie de trois (03) ans, les parents d’élèves, la société civile et les autres partenaires de participer effectivement à la prévention et à la résolution des crises ».Par conséquent, tous les acteurs seront conscients de l’exigence de stabilité et de paix pour bâtir un système inclusif de qualité, nécessitent une conjugaison sans relâche des efforts et d’une confiance mutuelle pour refonder le système d’éducation et de formation du pays.« Nous nous engageons à utiliser le dialogue, la négociation, la concertation, la communication comme modalités de prévention et de résolution des conflits et crises, lit-on dans le pacte de stabilité où les syndicats avaient émis des réserves. Avant de poursuivre : « nous nous appuierons sur les organes de régulation (Médiateurs/Universités ; Comité de dialogue social/Secteur Education et Formation; Organisations de la société civile), les élus locaux, les Chefs coutumiers et religieux pour faciliter le règlement non violent de nos différends et veiller au respect des engagements  souscrits ».

Ces différentes considérations retenues par la commission thématique Stabilité et Dialogue social dirigée par Mamadou Diop « Castro » dorment toujours dans les tiroirs des autorités, tout comme d’ailleurs les autres conclusions. Et ce malgré l’engagement du Premier ministre, Mouhammad Boun Abdallah Dionne, qui soulignait en s’adressant aux membres du comité de pilotage que « cette fois-ci, les conclusions des Assises de l’éducation et de la formation seront mises en œuvre. Il n’y a pas à douter de l’effectivité des recommandations et des réformes proposées ». La situation de l’école en mal de repères n’a pas changé aux lendemains de ces «ndëp» (rencontres dont toutes les sensibilités étaient présentes). Les grèves poursuivent leur chemin qu’elles ont emprunté depuis une décennie.

Le Grand cadre des syndicats d’enseignants a observé hier, mercredi 15 avril, une grève totale dans le préscolaire, l’élémentaire et le moyen secondaire. Les enseignants comptent remettre ça aujourd’hui et demain vendredi, en plus de la rétention de notes et le boycott des cellules pédagogiques.

L’heure n’est plus aux échecs des négociations pour éviter que le pire n’arrive. Le gouvernement et les syndicats d’enseignants réunis autour du Grand cadre seront autour de la table des négociations aujourd’hui jeudi à la salle de conférence Amadou Makhtar Mbow du ministère de l’Education nationale à partir de 16heure pour discuter sur les différents points de revendications.  

Ibrahima Baldé, Sudquotidien

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