mercredi , 21 juin 2017
COOPÉRATION FRANCE –SENEGAL : VERS L’IMPLANTATION DU CNAM A DAKAR

COOPÉRATION FRANCE –SENEGAL : VERS L’IMPLANTATION DU CNAM A DAKAR

Une délégation du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) de France qui avait remis au Président de la République, Macky Sall, le titre et les insignes de Docteur Honoris Causa lors de sa visite d’Etat à Paris au mois de décembre dernier, a séjourné à Dakar  du 21 au 23 février. Cette visite est marquée par la rencontre avec plusieurs acteurs du monde professionnel et académique dont le principal point est l’implantation d’un centre de Cnam à Dakar. Le projet  est bien apprécié par les acteurs puisqu’il devra permettre de travailler sur l’adaptation des formations aux besoins de l’entreprise pour un personnel qualifié. La délégation et les parties prenantes ont rencontré des journalistes avant-hier, jeudi 23 février.
Un centre du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) sera bientôt implanté à Dakar. Cela a été l’un des points phares des discussions de la délégation du Cnam qui a séjourné pendant trois jours au Sénégal. La délégation et les acteurs concernés ont rencontré des journalistes avant-hier, jeudi 23 février, jour de la fin du séjour pour faire le bilan de la visite. Selon le Directeur général des services du Cnam, Didier Bouquet, la visite a été rythmée par des réunions, une prise de contacts et des signatures d’accord avec les parties prenantes.
«A travers le Cnam qui est un établissement qui a fait du caractère numérique, une de ses caractéristiques, on va travailler sur l’adaptation de certaines formations aux besoins de l’entreprenariat», a fait savoir Didier Bouquet.  Il s’agit donc d’une volonté de professionnaliser les personnes aux réalités des entreprises. Et le séjour de l’administrateur général du Cnam à Dakar au mois de mai prochain sera une occasion de tenir une réunion commune dans laquelle,  «on va fixer à la fois le calendrier et les différentes étapes de la création du centre Cnam à Dakar qui serait adosser à l’Ucad via l’Ecole supérieure polytechnique (Esp)», nous a appris Didier Bouquet. A l’en croire, le Cnam a pour «pratique de toujours adapter ses formations à la réalité des différentes situations que l’on rencontre et lorsque le Cnam s’implante à l’étranger, il s’appuie toujours à un établissement local d’enseignement».

Pour sa part, l’ambassadeur de la France, Christophe Bigot a manifesté toute sa satisfaction par rapport à l’idée de création d’un centre du Cnam à Dakar. Car, selon lui, le «Sénégal a besoin de formations très adaptées aux besoins de l’entreprise, en particulier le domaine scientifique puisqu’il y’a un déficit».

«IL NE S’AGIT SURTOUT PAS DE COPIER LE CNAM MAIS PLUTOT DE CONTEXTUALISER»

Toujours, parmi les intérêts que suscite le centre du Cnam à Dakar, le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), embouche la même trompette que les précédents interlocuteurs.  « L’expérience du Cnam nous intéresse au plus haut point surtout avec l’emploi du numérique et les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement et les formations ouvertes à distance», a déclaré Ibrahima Thioub. C’est pourquoi, dit-il,  en mutualisant les forces de l’Ucad en la matière avec le «cœur de métier du Cnam qui est la formation aux métiers utiles à l’entreprise, aux collectivités territoriales etc., ça peut aider les universités classiques à aller dans cette direction».

De surcroît, d’aucuns vous diront qu’au Sénégal, le chômage persiste encore surtout avec le manque d’adaptation des diplômes aux métiers des entreprises. Pour preuve, dira Ibrahima Thioub, «on est une université classique, les universités classiques dans le domaine africain et sénégalais ont le défaut de former des diplômes qui, après, vont apprendre un métier et c’est des formations générales».

Toutefois, le Recteur s’est voulu clair. « Il ne s’agit surtout pas de copier le Cnam mais plutôt de contextualiser et de travailler à des échanges fructueux ». Car, toujours, est-il, de prendre en compte nos réalités, a tenu à préciser le recteur. En effet, la délégation du Cnam a tenu deux réunions avec l’Esp avec la participation de l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (Ensetp) qui sont les «deux écoles les plus proches du cœur de métier du Cnam qui est la formation technique, l’ingénierie, bref tous les domaines du savoir».

L’idée de l’implantation d’un centre de Cnam est très appréciée par les acteurs tels que le délégué général de Cfao Sénégal, Gambie et Guinée Bissau, Fabrice Desgardin, le coordonateur du réseau des Iseg, Mohamed Fadel Niang et Gérard Sénac d’Eiffage. Selon eux, les organismes comme le Cnam peuvent apporter un soutien et des propositions de formations qui peuvent intéresser. Car, même si des actions utiles ont été menées jusque-là, c’est le suivi qui manquait pour des personnels adaptés aux entreprises, ont-ils déploré.

Il faut rappeler que le Conservatoire national des arts et métiers est un établissement d’enseignement supérieur qui a trois missions principales : la formation, la recherche et la diffusion de la culture scientifique et technique. Le Cnam dont le siège se trouve à Paris est un ensemble de centres d’enseignement et plusieurs centres sont installés dans plusieurs pays dont la Martinique, Haïti, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Madagascar. C’est le Cnam aussi qui avait remis à Macky Sall le titre et les insignes du Docteur Honoris Causa lors de sa dernière visite d’Etat à Paris.

sudonline

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