mercredi , 19 juillet 2017
Colloque du comité scientifique du XVè sommet de la francophonie : Femmes et jeunes, vecteurs de la paix et acteurs de développement

Colloque du comité scientifique du XVè sommet de la francophonie : Femmes et jeunes, vecteurs de la paix et acteurs de développement

Les jeunes et les femmes sont de plus en plus des forces montantes au cœur des mutations des sociétés contemporaines, a dit, hier, le président de la République Macky Sall. Aussi, a-t-il réaffirmé, à l’ouverture du colloque international : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » que ces deux acteurs doivent être au centre des priorités des pays de l’espace francophone.
«Plaques sensibles et révélateurs des évolutions, des crises et des espoirs de nos sociétés, les jeunes et les femmes doivent tout aussi être au centre de nos priorités», a déclaré hier le président de la République du Sénégal, Macky Sall dans un message lu par le Directeur de cabinet, Mouhamadou Makhtar Cissé. C’était hier, à l’ouverture du colloque international : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » organisé par le Comité scientifique du XVème Sommet de la Francophonie qui aura lieu cette année au Sénégal.
Le chef de l’Etat du Sénégal estime que  les jeunes et les femmes ne sont plus seulement des « réalités démographiques ». Selon M. Sall, ces deux couches « sont de plus en plus des forces montantes au cœur des mutations des sociétés contemporaines».
C’est pourquoi, ils sont au cœur de sa politique. « Avec le monde rural, ces deux acteurs constituent les piliers de mon projet politique et de ma stratégie pour le développement économique et social du Sénégal », a-t-il dit. « Mon gouvernement travaille ainsi, sans relâche, en toute intelligence  avec l’ensemble des acteurs, pour apporter des solutions satisfaisantes aux aspirations de ces deux catégories de la population, entre autres ». Le président Sall s’est réjoui de constater qu’à l’occasion du prochain Sommet de Dakar, la Francophonie valide une nouvelle stratégie jeunesse après que le secrétaire général, le président Abdou Diouf, a porté sur les fonts baptismaux, le réseau francophone pour l’égalité femmes-hommes, en mars 2013. « Cette priorité partagée nous réconforte dans la conviction que nos Etats ainsi que notre organisation sont décidés à œuvrer pour le bien-être  des jeunes et des femmes, particulièrement dans les domaines que votre colloque va aborder, en l’occurrence les économies solidaires et alternatives, les mobilités dans l’espace francophone, le défi du numérique, l’emploi et l’insertion, la santé et le sport », a souligné le chef de l’Etat.
Macky Sall a dit être sûr que les réflexions et les recommandations du colloque, conçues dans une perspective pragmatique, contribueront à enrichir les politiques publiques et les initiatives des divers acteurs pour offrir aux jeunes et aux femmes des opportunités sérieuses de réaliser leur ambition d’une vie digne et utile à leurs communautés. A cet effet, le président Sall a dit être attentivement à l’écoute des acteurs du colloque.
Le président de la République a réaffirmé que c’est dans ce labeur quotidien de toutes les forces vives de l’espace au service des jeunes et des femmes que la francophonie raffermira sa puissance, sa pertinence et sa légitimité. « En organisant cette rencontre, le Comité scientifique contribue fort opportunément à un objectif majeur du Sénégal : faire du Sommet de Dakar un tournant pour la Francophonie tant dans sa préparation que dans ses résultats », a-t-il laissé affirmé.

EL HADJI HAMIDOU KASSE, PRESIDENT DU COMITE SCIENTIFIQUE : « Les femmes et les jeunes sont porteurs de dynamiques de changement »
El-Hadji Hamidou Kassé, le président du Ccomité scientifique du 15ème Sommet de la Francophone prévu en novembre à Dakar, a loué, hier, le rôle que jouent les femmes et les jeunes dans le développement des pays de l’espace francophone.
« C’est grâce aux femmes et aux jeunes que notre pays a toujours évité de basculer dans la dérive. Ce sont les femmes et les jeunes qui sont porteurs de dynamique de changement dans notre pays et un peu partout dans le monde », a affirmé El-Hadji Hamidou Kassé à l’ouverture du colloque international : Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones ». C’était en présence d’une centaine d’experts. Le président du comité scientifique du 15ème Sommet a estimé que les jeunes et les femmes sont des forces montantes qui sont au cœur des mutations notées dans les sociétés.
« On ne peut pas bâtir une société juste si elle ne prend pas en compte la problématique des jeunes», a-t-il dit. Il a ajouté que « les femmes ne sont pas simplement associées » au 15ème sommet de l’Oif. « Elles sont au cœur de ce sommet », a insisté le président du Comité scientifique qui souligne que le président de la République a proposé la thématique du Sommet qui est articulée autour des jeunes et des femmes à ses homologues de l’espace francophone qui ont accepté, à l’unanimité, parce que « la question femmes et jeunes est constituante de la conjoncture internationale ».
Le président du Comité scientifique s’est réjoui du soutien du chef de l’Etat pour la réussite du colloque. « En effet, il ne s’est pas contenté d’installer officiellement les membres du comité scientifique. Il a mis à notre disposition  des moyens conséquents pour mener à bien notre mission consistant à alimenter intellectuellement le thème du Sommet de Dakar, à faciliter la production du document d’orientation et de l’esquisse de la Déclaration de Dakar et à organiser une série de manifestations intellectuelles et scientifiques », a affirmé M. Kassé. « Son engagement, son soutien et ses conseils et avis ont été à la fois pertinents et forts utiles. Ce colloque illustre éloquemment cette présence du chef de l’Etat à nos côtés », a ajouté le président du Comité scientifique.
Le président du Comité scientifique a également remercié le Secrétaire général de l’Oif, Abdou Diouf. « C’est avec toute la diligence requise que l’organisation a répondu positivement à notre demande d’appui en ressources intellectuelles. Nous avons donc des conférenciers de haut niveau parmi nous », a dit El-Hadji Hamidou Kassé.

FACE A LA CRISE DE CONFIANCE : Penda Mbow appelle à de nouvelles formes de solidarités
La représentante personnelle du président de la République à la Francophonie, l’historienne Penda Mbow a déclaré, hier, que les pays francophones doivent créer de nouvelles formes de solidarités pour faire face à la crise de confiance qui secoue le monde.
Face à la crise « civilisationnelle » qui secoue le monde, Penda Mbow prône de nouvelles formes de solidarités. «La crise de confiance est là. Il reviendra aux pays francophones de reprendre la réflexion et de créer de nouvelles formes de solidarités, mais aussi des réponses à la crise», a souligné la représentante personnelle du président de la République à la Francophonie lors du colloque sur les jeunes et les femmes dans l’espace de la Francophonie, ouvert hier à Dakar. « Nous sommes dans un monde où les différences entre hommes femmes s’estompent. Les jeunes lancent un véritable défi lié au manque de travail, à la rareté des ressources, mais aussi  au changement climatique que nous vivons un peu partout dans le monde et qui remet en question la stabilité du monde», a indiqué Penda Mbow.
L’historienne a noté que le colloque intervient dans un contexte de mutations profondes sur le plan mondial. « J’ai rappelé le lendemain de la guerre mondiale lorsque Valery avait lancé son fameux cri, nous autres civilisations, savons maintenant que nous sommes mortels. Mais dès la fin de la première guerre mondiale, il y a eu une reprise, à travers différents pays, pour juguler et conjurer cette guerre. Et nous sommes entrés dans une ère de démocratisation, de fin de la guerre froide, de changements profonds jusqu’aux évènements du 11 septembre que je considère comme étant le début du véritable troisième millénaire », a rappelé la représentante du chef de l’Etat.
Penda Mbow a souligné que le rôle du Sénégal est « extrêmement important » dans les actions visant à faire face à la crise. « Avec la fin de la deuxième guerre mondiale, les intellectuels sénégalais ont été, à travers Présence africaine, à l’origine d’un grand mouvement intellectuel dans l’espace africain pour tirer le monde francophone », a-t-elle rappelé, ajoutant que le colloque de Dakar « n’est qu’un début pour nous permettre de repenser le monde ».

Pr. MAME SOW DIOUF, COORDINATRICE DU COLLOQUE : « Susciter l’espoir des femmes et des jeunes par des initiatives efficientes »
Les femmes et les jeunes sont aujourd’hui confrontés à toutes sortes d’angoisses. Aussi, doivent-ils être aidés à travers des initiatives hardies. Le Pr. Mame Sow Diouf, coordonnatrice du colloque, appelle l’Oif à en faire son cheval de bataille.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) doit s’investir dans le combat des femmes et des jeunes de l’espace francophone. C’est l’appel lancé par Mame Sow Diouf, coordonnatrice du colloque ouvert, hier, à Dakar, sur le thème : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones ». A cours de cette rencontre initiée par le Comité scientifique du XVème sommet de la francophonie, prévu en novembre 2014, le Pr. Mame Sow Diouf estime que ce combat en faveur des femmes et des jeunes devrait s’articuler autour « d’initiatives et de stratégies efficientes » tournées vers ces deux entités de la société, afin de susciter l’espoir, par l’action efficace. Ce combat est d’autant plus utile, selon elle, que les femmes, dans le monde, ont un quotidien de souffrance. « Les femmes sont héroïques, pour souffrir dans le monde, leur champ de bataille », dit-elle, paraphrasant Alphonse Daudet. Actuellement, les tâches domestiques sont dévolues aux femmes, avec notamment les tâches de ménages, courses, soins aux enfants, jardinage et soins à prodiguer aux parents âgés.
Quant aux jeunes, ils sont durement frappés par le chômage. A cet effet, Mame Sow Diouf va même citer le Pape François décrivant la situation actuelle des jeunes, faite de désespoir. « Les jeunes sont écrasés par le présent (…) sans un souvenir du passé et sans le désir de regarder le futur en face pour construire quelque chose, un avenir, une famille ». Face à cette situation des femmes et des jeunes, il importe d’agir, dit le Pr. Mame Sow Diouf. Cela, en réduisant d’abord, la proportion des « ni-ni », c’est-à-dire de ceux qui n’ont reçu « ni formation, ni éducation, ni emploi ». Elle s’interroge ensuite sur « les décrocheurs » du système éducatif qui ne terminent pas leur formation dans l’enseignement secondaire. Enfin les enfants des écoles coraniques issus de familles pauvres qui essaiment dans les rues des grandes villes de la sous-région ouest-africaine abandonnés à eux-mêmes et à divers prédateurs, proies faciles pour les dealers et terroristes.
Mame Sow Diouf estime, par ailleurs, que parmi les 5 thématiques qui seront débattus durant le colloque, la question du sport et de la santé demeure importante. Car, rappelle-t-elle, « il faut des corps bien faits pour héberger des esprits bien faits ». Il importe alors, selon elle, de « raviver le goût de l’effort, de la compétition loyale, de la performance, du dépassement, de l’honneur ». A l’en croire, l’amélioration de la santé, de la recherche et des publications, du sport et de l’athlétisme, induira celle de l’économie.

Des participants venus d’horizons divers pour des échanges fructueux
Le thème : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » étant d’une brûlante actualité, les participants sont venus de divers pays du monde pour prendre part à ce colloque. Ils sont Gabonais, Mauritaniens, Congolais, Français, Québécois, Sénégalais et ceux d’autres pays du monde ayant en partage, avec le Sénégal, la langue française. En plus de cette diversité de nationalités, les participants sont issus de milieux socioprofessionnels divers, avec notamment les universitaires, les organisations de femmes, les associations de jeunes et d’étudiants, de même que plusieurs experts en genre ou spécialistes des questions de jeunesse. Une rencontre qui a permis, lors de cette première journée, des échanges fructueux entre les organisateurs de la rencontre et les participants. Plusieurs exposés ont été donnés par les experts sur les différentes thématiques à savoir « Problématiques de l’emploi des jeunes et des femmes dans l’espace francophone » ; « Les économies alternatives comme leviers de développement » ; « Femmes et jeunes dans la nouvelle culture numérique » ; « Mobilités en francophonie : enjeux et opportunités » et « Sport et santé : perspectives francophones ».
« Toutes ces thématiques nous tiennent à cœur », souligne le Pr. Mame Sow Diouf, coordonnatrice dudit colloque. Autant de compétences et d’experts regroupés, en même temps, ont mené des débats de haute facture sur les problématiques de l’heure dans le monde francophone. Même si la rencontre est entrecoupée de pauses café, permettant aux uns et aux autres de se requinquer, ce premier jour du colloque a fait naître de « réels espoirs » dans le cœur des jeunes et des femmes. D’ailleurs, selon Odile Ndoumbé Faye, coordonnateur du cadre de concertation des Osc dans le 15ème Sommet, cette rencontre va leur permettre d’approfondir certaines questions relatives aux femmes. Et un autre colloque dédié spécifiquement aux femmes sera organisé en novembre. Ainsi, ce colloque de Dakar qui va durer 3 jours (du 17 au 19 septembre 2014) est un grand pas posé vers le Sommet de novembre que Dakar va abriter.

ESPACE FRANCOPHONE : La mobilité, facteur de paix durable
La mobilité dans l’espace francophone est plus que nécessaire, elle est même obligatoire au vue de des opportunités économiques et culturelles qu’elle offre aux différents pays. C’est pour cela que le Pr Espérance Bayedila Bakanda de la RD-Congo estime qu’elle est facteur de développement durable.
Découvrir l’autre, c’est le connaître et construire ensemble une paix durable. D’où la nécessité de favoriser la mobilité dans nos différents pays. C’est en tout cas l’idée avancée par le Pr Espérance Bayedila Bakanda qui a exposé sur la thématique : « Mobilités et francophonie : enjeux et opportunités ». Pour cette experte en genre et résolution des conflits, « la connaissance de l’autre casse les tabous et les stéréotypes, les idées toutes faites. Elle permet de mieux vivre ensemble ». Elle ajoute que la connaissance de l’autre par la mobilité établit un climat de confiance qui favorise la paix et le développement. D’ailleurs, tient-elle à préciser, le monde actuel est un « village planétaire » où la connaissance des autres peuples devient un besoin impératif pour sa propre sécurité.
Et pour favoriser cette paix durable, les femmes et les jeunes constituent « le ferment indispensable » à la reconstruction harmonieuse des peuples et des nations pour la promotion des droits et devoirs humains. Poussant la réflexion plus loin, le Pr Bakanda estime que la mobilité associée à la paix devient un facteur de développement. Cela peut également générer des dividendes économiques et culturels aux différents pays. Sur le plan économique, cette mobilité favorise la construction des intérêts supranationaux avec l’organisation, dans les frontières, des marchés mobiles, permettant le contrôle des intérêts économiques etc. Sur le plan culturel, les femmes et les jeunes peuvent être des acteurs principaux dans les rencontres culturelles des pays. Elle donne l’exemple de la République démocratique de Congo (Rdc) qui regorge d’artistes et de danseuses qui sont souvent invités à faire des prestations dans les pays voisins. Preuve que la musique adoucit les mœurs. Elle donne aussi l’exemple de son pays, la RD-Congo qui bénéficie d’une position géographique particulière, partageant ses frontières avec neuf pays de cultures différentes. « Cette situation se reflète à l’intérieur de la Rdc qui comprend également différents peuples appelés à vivre ensemble », soutient-elle. Enfin, avec la mobilité de la main d’œuvre qualifiée à savoir l’enseignement, la construction ou la médecine, des échanges fructueux peuvent se faire. « Ces activités qui vont dans le sens de la mobilité des personnes, des biens et des services peuvent influencer les politiques pour la construction d’une paix durable », avance Espérance Bayedila Bakanda rappelant que la paix et le développement sont liés. Et par conséquent, il n’y a pas de développement sans paix et aucune paix ne peut être durable si elle n’implique pas la prise en compte de toutes les couches de la société.

ODILE NDOUMBE FAYE, SECRETAIRE EXECUTIVE DE L’ASSOCIATION DES FEMMES AFRICAINES POUR LA RECHERCHE ET LE DEVELOPPEMENT : « Ce colloque permettra de nourrir les analyses des chefs d’Etat »
« La Francophonie peut beaucoup apporter à la femme. Parce que, mis à part que les participants à ce colloque vont travailler sur le thème des femmes et des jeunes, la Francophonie a déjà travaillé sur la thématique Genre. Cela ne fait que renforcer ce que la Francophonie est en train de faire à l’Oif. Mais, je pense que la nouveauté, c’est surtout dans les pays membres de la Francophonie. C’est là-bas que la différence va se faire, parce que normalement, après le sommet de Dakar, un document va engager l’ensemble des Etats membres de la Francophonie autour des questions des femmes et des jeunes de la Francophonie. Je pense que le fait qu’on se soit réuni ce matin pour amorcer la réflexion sur la thématique permettra de nourrir les analyses des chefs d’Etat à l’occasion du Sommet. Je salue cette initiative du Comité scientifique qui va nous permettre, en tant que femmes, de mieux approfondir les questions qui seront agitées. En novembre prochain, nous aurons le colloque des femmes qui va parcourir différentes thématiques sous l’éclairage  de l’approche proposées par le Comité scientifique du 15ème Sommet ».

DENISE BYRNES, DIRECTRICE GENERALE OXFAM-QUEBEC : « Créer des systèmes de marché et des environnements d’affaires inclusifs et équitables pour les femmes »
La directrice d’Oxfam Québec, Denise Byrnes a appelé, hier, à Dakar à la mise en place d’une panoplie de changements pour la création de systèmes de marchés et des environnements d’affaires inclusifs et équitables pour les femmes entrepreneurs dans l’espace francophone.
La Responsable d’Oxfam Québec qui s’exprimait lors du colloque international : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » organisé par le Comité scientifique du 15ème Sommet de la Francophonie qui aura lieu en novembre, au Sénégal, a souligné que les Etats, le secteur privé et les institutions financières ont un rôle à jouer pour impulser ces changements. « Les Etats ont un rôle important à jouer, car ils ont la responsabilité première de supprimer les dispositions discriminatoires dans la loi, mais aussi de lutter contre la discrimination qui prend source dans les normes sociales et culturelles », a dit la directrice d’Oxfam Québec.
« Le secteur privé a lui aussi un rôle à jouer : les entreprises doivent être encouragées à revisiter complètement leur chaîne de valeur en vue d’identifier où les femmes se situent et les types d’appui dont elles peuvent avoir besoin pour être en mesure d’ajouter de la valeur à leurs produits », a ajouté la responsable d’Oxfam. La directrice d’Oxfam a également souligné que les institutions financières doivent explorer la manière dont elles peuvent améliorer l’accès des femmes à une gamme de services financiers de qualité et sexo-spécifiques, y compris les instruments d’épargne, les services d’envoi de fonds, le crédit et l’assurance.
«Cela est particulièrement important pour les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes au moment de la transition de micro financements vers le recours à des banques commerciales générales », a-t-elle déclaré.  La directrice d’Oxfam a révélé que « malgré le nombre considérable de femmes qui s’adonnent à l’entrepreneuriat et l’important potentiel que cela pourrait représenter pour la croissance économique des pays en développement, ce type d’activité économique n’est pas complètement accepté dans la plupart des sociétés et les femmes sont confrontées à des attitudes négatives et à plusieurs obstacles lors du démarrage et du développement d’une entreprise durable ». « Leurs projets sont souvent contrecarrés par des lois et pratiques discriminatoires en matière de propriété foncière, de famille et d’héritage  ainsi que par un accès limité aux ressources, à des services financiers et à des services d’appui au développement d’entreprises de qualité et adaptés à leurs besoins et réalités », s’est désolée la directrice. S’agissant des femmes du secteur agricole, la directrice a souligné que « plusieurs obstacles limitent le développement et la viabilité de leurs entreprises ». « Malgré le fait qu’elles représentent environ 43 % de la main-d’œuvre agricole des pays du Sud, les femmes

Activesdans le domaine agricole ne sont souvent pas reconnues comme des agricultrices et ce malgré le rôle important qu’elles jouent dans la production agricole mondiale. Elles ont rarement accès à des intrants agricoles ainsi qu’à des services de vulgarisation agricole et de formation appropriés, ce qui a pour conséquence qu’elles produisent de 20 à 30 % moins que leurs collègues masculins », fait-elle remarquer.

Faible taux d’accès des femmes à la terre
De plus, a poursuivi la directrice, « les nouvelles technologies et la recherche agronomique ne sont souvent pas adaptées aux besoins des femmes, ni à leurs pratiques agricoles ni aux tâches dont elles sont responsables ». « Le droit de la propriété foncière pour les femmes n’est pas reconnu dans de nombreux pays du monde et représente un autre obstacle majeur. La faiblesse des taux de propriété foncière peut, en effet, entraver l’accès des femmes aux actifs financiers nécessaires à l’amélioration de leurs activités productives et à la création ou au développement de leurs entreprises », a ajouté la directrice d’Oxfam-Québec. Mme Denise Byrnes a aussi déclaré que « les femmes jouent un rôle crucial à toutes les étapes de la chaîne de valeur : de la production de matières premières au marketing, en passant par la distribution, etc. ».
« Si les femmes participent à une large gamme d’activités entrepreneuriales, on observe que les entreprises possédées par les femmes sont concentrées dans des activités de très petite taille, de faible productivité et de faible rendement dans l’économie informelle », a-t-elle précisé.
Elle a ajouté que « les activités des femmes sont concentrées dans les micros entreprises ou les petites et moyennes entreprises, en raison notamment des responsabilités que les femmes assument dans le travail non rémunéré, des limites dans la mobilité ou du manque de garanties et de qualifications financières ». Compte tenu de tout cela,  la directrice d’Oxfam-Québec estime qu’il est nécessaire de créer un climat favorable à l’augmentation du nombre de femmes entrepreneures ainsi que de la taille de leurs entreprises et ce, en leur assurant un meilleur accès aux produits et services financiers, en leur dispensant des formations adaptées et des services consultatifs, et en leur facilitant l’établissement de réseaux et le partage de l’information ».

DÉVELOPPEMENT DU NUMÉRIQUE : L’Oif se dote d’une stratégie
Avec les enjeux que présente le numérique, l’Oif ambitionne de bâtir une société inclusive et démocratique. C’est pour cela que d’ici à 2020, une stratégie a été tracée par les chefs d’Etat francophones afin de faire profiter au monde francophone des opportunités qu’offrent les Technologies de l’information et de la communication (Tic).
A l’horizon 2020, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) souhaite disposer d’une société inclusive, démocratique, ouverte et transparente. Un vœu basé sur la stratégie adoptée par les dirigeants francophones, en 2012, au Sommet de Kinshasa, sur la vison et l’action de la Francophonie numérique. Le défi, rappelle Mme Arame Diaw de la direction de la Francophonie numérique est, de renforcer les capacités et moyens d’action des acteurs du numérique dans les pays du Sud, afin qu’ils intègrent la sphère des agents aptes à créer et à diffuser au niveau mondial, une innovation technologique qui fasse la promotion de la diversité dans la société de l’information. Cela est d’autant plus opportun que, selon l’Union internationale des télécommunications (Uit), le nombre d’usagers d’internet a doublé en 5 ans, passant de 974 millions en 2009 à 1,9 milliard en 2014. Mieux, c’est en Afrique qu’on note la plus importante croissance dans l’acquisition de téléphones mobiles, avec un taux atteignant 69% en 2014. Ce qui est, aux yeux de Arame Diaw, « un enjeu important » en conception et en diffusion des contenus numériques francophones. C’est pour cela que la stratégie de l’Oif à l’horizon 2020 est basée sur quatre points. Il s’agit, dans un premier temps, pour l’Oif d’accompagner l’innovation numérique pour l’intégration dans l’économie numérique mondiale. Selon Mme Arame Diaw, l’Oif entend renforcer les compétences entrepreneuriales des jeunes professionnels du numérique des pays en développement francophones, par des formations adaptées. Mme Diaw rappelle, à cet effet, que des sessions de formations ont été organisées pour des jeunes et des femmes en Côte d’Ivoire avec notamment le club des hommes et femmes d’affaires du Libre en Afrique (Chala). Au Sénégal, des programmeuses informatiques ont suivi une formation en création d’application mobile sur système Android. Une formation pareille a été organisée au Burkina Faso. En ciblant prioritairement les jeunes, l’Oif entend, selon Arame Diaw, « promouvoir leur force d’innovation et de créativité technologique » et faire d’eux « un moteur de la modernité et du changement de l’économie numérique » des pays francophones les moins favorisés.

Accès à l’information inclusive
Le deuxième axe de la stratégie consiste à édifier des sociétés de l’information « ouvertes, transparentes et démocratiques », contribuant à démocratiser l’accès à l’information pour améliorer l’implication politique et sociale des jeunes et des femmes.  L’Oif, selon la responsable, entend développer des « plateformes de gouvernement électronique » ou e-gouvernement afin de favoriser la transparence politique et la participation citoyenne des jeunes et des femmes aux questions qui les concernent.
Le troisième axe consiste à développer l’intelligence numérique. Dans cette optique, l’Oif œuvre à identifier et fédérer des communautés d’intérêt en matière de Tic et consolider les réseaux existants de jeunes porteurs d’initiatives tic innovantes. Parmi ces réalisations, l’Oif cite la plateforme internationale « Mondoblog » qui fédère les microblogs d’informations de jeunes de l’espace francophone sélectionnés et formés par l’atelier des médias de Radio France internationale (Rfi). Aussi, l’Oif a soutenu de 2009 à 2013, le programme « Innovafrica » porté par l’association Imagination for people qui fédère de jeunes innovateurs à travers plusieurs pays d’Afrique francophone. Enfin, la stratégie numérique de l’Oif propose des actions en faveur de la production, la diffusion et la protection des biens communs numériques francophones. Aussi, l’organisation soutient la production et la promotion des contenus numériques en français, devant améliorer l’accès aux connaissances et à l’éducation grâce aux ressources numériques proposées en libre accès. Et Arame Diaw rappelle que la construction d’une société de l’information inclusive est l’un des principaux objectifs  de la stratégie de la Francophonie numérique. Mais précise-t-elle, « ceci nécessite la participation de toutes et de tous à l’édification d’un monde numérique, dont chacun est sujet de facto et qui continuera à animer nos quotidiens de façon croissante aux quatre coins du monde ».

JOEL RUET, ECONOMISTE : « Généraliser les formes de prêts en faveur des jeunes et des femmes »
Economiste au Cnrs en France et à l’Institut de développement durable et des relations internationales à Sciences Po, à Paris, Joël Ruet estime que les formes de prêts doivent être généralisées dans l’espace de la Francophonie pour permettre à l’économie de tirer profit de la valeur des jeunes et des femmes.

Quelle appréciation faites-vous du colloque international : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » qui se tient à Dakar ?
C’est très important qu’en préparation du Sommet des chefs d’Etat de la Francophonie  qu’il y ait des colloques scientifiques dans lesquels les forces vives et pensantes dans la plupart des pays de la Francophonie puissent se réunir et faire des recommandations et des propositions pour les chefs d’Etat. La première journée du colloque a montré qu’il y a énormément de solutions qui sont mises en œuvre. Il y a énormément d’outils, mais il n’y a pas encore d’avancées au sein de la Francophonie. Les solutions restent locales. Un pays ou une association va trouver une solution et donc ça va rester en ordre dispersé. L’intérêt de ce genre de séminaire est d’échanger sur les solutions et d’espérer qu’une solution bonne qui a été inventée à un endroit puisse être généralisée dans l’ensemble des pays de la Francophonie.

Comment doit s’opérer le renforcement de l’intégration des jeunes et des femmes dans le tissu économique ?
C’est une question en perspective. On est dans un paradoxe. Les jeunes et les femmes sont déjà intégrés dans la société. La société ne pourrait pas se reproduire sans des tissus qui ont une valeur économique. Les jeunes et les femmes ont déjà une activité sociale. Ils ont déjà une activité qui a une valeur économique qu’on ne mesure pas et qu’on ne rétribue pas. L’économie, en tant que science, doit faire un effort de considérer que ces jeunes et femmes sont déjà intégrés dans l’économie et que cela a une valeur qu’il faut soutenir financièrement et en tirer bénéfice.

Comment soutenir cette valeur pour en tirer profit ?
En considérant que dans la plupart des emplois on a une valeur. En considérant que l’économie domestique a une valeur. Une personne qui élève les enfants a une valeur d’éducation aussi bien qu’un enseignant qui contribue à l’éducation au sein de l’école. D’une certaine manière, les revenus doivent être partagés. On doit trouver des formes de solidarités qui sont nécessairement à l’échelle locale. On doit généraliser les formes de prêts en faveur des jeunes et des femmes. La micro finance et le microcrédit existent déjà, mais ils sont beaucoup trop évalués sur des critères monétaires et pas assez sur des critères de contribution à la société. En mutualisant le microcrédit en une large échelle, on peut s’assurer contre le risque de défaut. On doit se dire que malgré tout, collectivement, les prêts vont être remboursés. La valeur générée est beaucoup plus importante, car elle permet à d’autres personnes de travailler, de se lancer dans du commerce, simplement parce que le tissu social est régénéré.

Que doivent faire les Etats pour accompagner les jeunes et les femmes ?
Ce n’est pas seulement l’Etat. Que doit faire la société civile ? Que doivent faire les acteurs locaux ? Je pense que les Etats agissent beaucoup plus sur la sollicitation des citoyens. C’est aux citoyens de se mobiliser pour que les Etats se mobilisent. C’est d’abord aux citoyens de se mobiliser eux-mêmes pour mettre l’ensemble des chances de leur côté. Dans la plupart des pays, que ce soit au nord ou au sud, c’est à l’ensemble des acteurs civiques qui veulent devenir des acteurs économiques de se mobiliser.

15EME SOMMET DE DAKAR : Vers l’adoption d’une stratégie jeunesse de la Francophonie 
Une stratégie jeunesse de la Francophonie pourrait voir le jour lors du prochain Sommet de l’Oif qui se tiendra en novembre, à Dakar. L’annonce a été faite, hier, à Dakar par Dong The Quang, spécialiste de programme à la Direction de la Francophonie économique.
Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) seront appelés à adopter une stratégie sectorielle intitulée : stratégie jeunesse de la francophonie lors du prochain sommet de Dakar, a annoncé, hier, à Dakar, Dong The Quang, spécialiste de programme à la Direction de la Francophonie économique. La stratégie jeunesse de la Francophonie serait bâtie sur une vision selon laquelle, à l’horizon 2022, la jeunesse de l’espace francophone sera multisectorielle, animée d’un sens élevé de responsabilité, bénéficiant d’une éducation et d’une formation de qualité assortie d’opportunités d’intégration socioprofessionnelle, actrice de son propre développement, consciente de l’atout que représente le partage de la langue française pleinement engagée dans sa promotion ainsi que dans celle des valeurs qui sous-tendent la francophonie dans un contexte de paix et de sécurité pour tous. Selon M. Quang, les chefs d’Etat adopteront, en même temps, le cadre stratégique de la Francophonie 2015-2022 et la stratégie économique pour la Francophone. « Les trois documents de stratégies sont en cours de finalisation. Le spécialiste de programme à la Direction de la Francophonie économique faisait une communication lors du colloque international : « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones » organisé par le Comité scientifique du 15ème Sommet de la Francophonie. Il a souligné que pour la vision de la stratégie économique, la Francophonie serait celle d’une Francophonie économique au service d’un développement humain durable. M. Quang a aussi indiqué que l’Oif intervient en synergie avec les opérateurs de la Francophonie et en partenariat avec les acteurs bi et multilatéraux, privés et publics, pour accompagner et soutenir les Etats et pays membres dans leurs efforts de création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes. A propos de ces initiatives, il a salué la création, par le président Macky Sall, de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej). La mise en place de cette structure montre de manière concrète la volonté des Etats et pays  membres de prendre à bras-le-corps cette problématique importante et d’ouvrir des perspectives de coopération avec les acteurs de la Francophonie, ainsi qu’avec d’autres partenaires bi et multilatéraux.  Dong The Quang a aussi souligné que l’Oif préconise une approche intégrée qui aborde différentes dimensions de la question et mobilise différentes directions de programmes. « Dans l’actuelle programmation 2010-2014, il peut être ainsi mentionné plusieurs projets,  visant à promouvoir la circulation des écrivains, des artistes et la mise en marché de leurs œuvres, accompagner et valoriser l’expression numérique des communautés francophones, soutenir les politiques sectorielles pour une meilleure adéquation entre offre et besoins », a-t-il fait remarquer.

SPORT ET SANTE : Deux facteurs clés à améliorer, selon le Pr. Djibril Seck
Avec une population jeune à plus de 50 % ayant moins de 35 ans et 50 % de la population constituée de femmes, l’espace francophone dispose de potentiel humain considérable, mais fragile. C’est pourquoi, le Pr. Djibril Seck de l’Inseps estime que les femmes et les jeunes sont des « forces montantes » à protéger face aux défis à relever en Francophonie. Le Pr. Seck qui a présenté une communication sur : « Sport et santé : perspectives francophones » est revenu sur le contexte actuel du Sénégal et du monde francophone. Selon lui, le sport constitue un enjeu  du troisième millénaire, en ce sens qu’il est un élément essentiel pour la réussite et pour l’éducation civique. Mais aussi « un facteur d’équilibre physiologique et un élément favorisant l’acquisition des compétences, de concentration, de solidarité, de ponctualité, de performance, d’esprit compétitif, d’équipe, de vie collective, etc. ». Il est aussi revenu sur les quatre axes d’actions stratégiques définis par la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (Confejes), notamment la mise en place de dispositifs favorisant le sport de proximité, le sport féminin, le sport pour personnes handicapés, le sport dans les programmes scolaires ainsi que le sport de haut niveau.
Seulement, le Pr. Seck estime que l’amélioration de l’environnement des sportifs est le dernier axe de la programmation et qu’il doit prendre la forme d’une mobilisation active dans la lutte contre le dopage. Il suggère, pour cela, un appui aux pays pour la ratification de la convention internationale de l’Unesco sur la lutte contre le dopage et la mise en œuvre de la convention avec l’Agence mondiale antidopage.

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