dimanche , 23 juillet 2017
Ces objets connectés qui changeront la face de l’Afrique

Ces objets connectés qui changeront la face de l’Afrique

On nous le présente comme le continent de l’avenir, malgré les défis socio-économiques. Mais avec la mondialisation et la démocratisation de l’accès à l’Internet, l’avenir de l’Afrique s’écrira à l’encre de la technologie et des possibilités infinies et non encore explorées qu’elle offre. L’Afrique n’y échappera pas. Elle devra évoluer, en même temps que le reste du monde, sous le diktat technologique des objets connectés. Plus connus sous les noms de smartphones, imprimantes 3D, smartwatches, voitures connectées, il faut désormais y ajouter toute une panoplie d’objets qui accompagnent les secteurs les plus prioritaires pour le continent comme l’agriculture, l’énergie, santé… Petit tour des objets qui changeront la face du contient.

Première motivation de l’Afrique pour se positionner dans cette niche des objets connectés, les chiffres de cette économie florissante. Le spécialiste américain des réseaux et serveurs connectés, Cisco Systems, estime que l’économie des objets connectés en Afrique représentera 500 milliards de dollars à l’horizon 2025. Cinq cents milliards de bonnes raisons qui s’appuient sur une estimation de 50 à 70 milliards d’objets connectés d’ici 2020 en Afrique. En somme, c’est une véritable mine pour l’émergence d’une économie numérique et connectée. Au-delà, ces objets connectés vont indubitablement changer la vie quotidienne sur le continent.

Robots et capteurs pour l’agriculture high-tech

Secteur prioritaire pour l’Afrique, l’agriculture devrait permettre de nourrir la population grandissante. Mais la mécanisation du secteur pour exploiter les terres arables africaines, pose le problème de la pollution. Le dilemme sera d’exploiter au mieux le secteur agricole, tout en l’inscrivant dans la durabilité, c’est-à-dire le respect de l’environnement et l’optimisation des ressources premières épuisables. Plusieurs objets smart (intelligents) peuvent participer dans l’accomplissement de cet objectif. Le géant américain de l’arrosage Hunter Industries a conçu «Hydrawise», un système intelligent qui établit des plannings d’irrigation d’un champ en fonction des prévisions météorologiques, à partir de données reçues via des stations météo connectées à Internet.

Toujours dans le domaine agricole, une armada de robots connectés en semi-autonomie assurent désormais à la place des agriculteurs, qui les contrôlent à distance, les activités de désherbage, de binage et même parfois d’ensemencement. «Oz», un robot conçu par Naïo Technologies, basé en France, est capable de réaliser des opérations de désherbage entre les rangs de culture et même au-delà, grâce à un système embarqué de navigation et d’orientation.

agriculture-bresilienne

Il faut ajouter à ces automates commandés grâce aux merveilles technologiques, les innombrables capteurs qui ont fait florès à travers le monde. Ainsi, grâce à un système de capteurs, Phytec propose un senseur rattaché aux fruits ou aux légumes et capable d’en recueillir des informations comme la maturation, le taux de croissance et l’hydratation. De même, le capteur développé par l’entreprise suédoise Harvest Geek permet de mesurer l’humidité et la fertilité des sols, avant de fournir un bilan sur l’état de la plante et l’évolution des fruits et légumes qu’elle porte.

Un secteur connexe à l’agriculture, l’élevage, se met au hightech. Silent Herdsman, développé par la société israélienne Afimilk, permet de suivre tout cheptel et fournit des informations sur le comportement de chaque animal, son état… Le capteur Luda de l’entreprise suédoise éponyme sert à la gestion de l’alimentation des fermes et exploitations d’élevage, en fournissant des informations sur les réserves de silos et en établissant des projections. On ne comptera pas les colliers GPS pour le suivi du bétail et les capteurs servant au monitoring qui accompagnent les éleveurs pour surveiller la rumination et l’ingestion des animaux.

Bracelets et montres connectés pour une meilleure santé

La conversion vers les objets connectés est aussi profitable au domaine de la santé, que ce soit pour la prévention ou l’accessibilité des soins aux populations. Dans un continent où le rapport entre le nombre de médecins disponibles pour les populations est alarmant, la santé 2.0 constitue un renfort pour les médecins sur le terrain.  Le français Withings a développé un thermomètre portable qui grâce à 16 capteurs vous fournit la température corporelle sans contact avec le corps tout en donnant des conseils pour faire baisser le niveau de fièvre. Liva, un bracelet connecté, enregistre toutes vos informations santé (bilan, allergies, vaccins, pathologies…). Au scanner de votre portable, il permet au médecin de pouvoir rapidement établir le diagnostic le plus précis, tout en prescrivant des médicaments en tenant compte des informations fournies. Aujourd’hui, grâce à des logiciels intégrés à des lunettes ou des téléphones connectés, on peut transmettre à distance, grâce à son appareil photo, des images qui serviront de base au diagnostic du médecin situé à des kilomètres de là.

sante-connectee

Dans le même sillage, les montres connectées, smartwatches, permettent de suivre l’activité physique et les alertes du corps, du réveil au coucher. Ces smartwatches donnent des informations sur le rythme cardiaque, la circulation sanguine, la tension artérielle… Ces montes intelligentes permettent d’ausculter un patient à distance et de lui prodiguer des soins en cas de nécessité ou de suivre l’évolution de la maladie. Pour compléter la panoplie, il y a les pacemakers qui régulent le cœur d’un patient, les lecteurs de glucose pour les patients diabétiques et les capteurs pour surveiller les maladies chroniques … L’e-santé est un filon à exploiter pour l’Afrique, pour une amélioration des soins, de la prévention et de la gestion de la santé publique.

Les drones, d’autres usages que la guerre

Il y a quelques années, les drones (appareils sans pilote) étaient utilisés pour abattre des cibles avec une précision chirurgicale. Aujourd’hui, ces mini-avions sans pilote se mettent au service d’intérêts moins belliqueux. L’Américain Zipline s’est spécialisée dans la conception de drones de livraison de matériel médical. Avec le gouvernement rwandais, cette start-up a lancé les premiers drones livreurs de poches de sang pour permettre des transfusions sanguines à des patients dans des zones isolées. Les médecins rwandais peuvent transmettre par SMS tous leurs besoins en matière de poches de sang avant qu’une base connectée ne livre avec ses drones, les commandes.

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En dehors de l’acheminement médical, les drones sont d’une grande utilité pour établir la cartographie des zones, pour la surveillance des cultures. L’enjeu est aussi environnemental, puisque les drones peuvent servir à lutter contre le braconnage, la coupe illégale de bois, l’évaluation des dommages en cas de catastrophes (inondations, tremblement de terre), la surveillance maritime, mais aussi pour le suivi météorologique et la détection de pollution, des déchets dérivants ou risques de contamination.

Imprimantes 3D pour une industrie de pointe et de précision

À destination du grand public ou pour les professionnels, l’impression tridimensionnelle (3D) a révolutionné notre rapport aux objets. Les imprimantes 3D permettent de se passer, dans certains cas, de la chaîne de production industrielle traditionnelle, pour la fabrication de pièces pour l’industrie de pointe comme l’aéronautique. Utilisant le titane ou le silicone comme matière première, les imprimantes 3D permettent la réparation ou le remplacement de pièces quand ils ne permettent pas de reconstituer morceau par morceau, tout un ensemble. Dans le domaine de la médecine, les imprimantes 3D permettent également de fabriquer avec précision des prothèses (dentaires ou autres) ou des répliques de certaines parties du corps. Dans un avenir proche, des imprimantes intelligentes adaptées devraient permettre des cultures de cellules ou de dupliquer des tissus humains.

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Cette technologie de précision pourrait venir en remplacement de pièces de rechange que les Africains sont souvent obligés d’importer de l’étranger, parfois au prix fort, cumulé à un long temps d’attente. En domotique, des imprimantes 3D permettent de construire plus rapidement des logements sociaux. Accessoirement, l’appropriation des techniques 3D permettrait peut-être de lancer les débuts d’une véritable industrie africaine de pointe.

D’autres technologies pour l’énergie ….

Le grand défi sur le continent sera d’assurer l’approvisionnement énergétique pour près de 2 milliards d’Africains d’ici 2050. Connecter cette nombreuse population à l’électricité demande un effort considérable. Et le boom des objets connectés pourrait s’avérer salutaire pour maîtriser et contrôler à distance les appareils de forte consommation électrique et par là même réduire la facture énergétique.

Connectés via wifi, certains thermostats peuvent permettre de suivre la température des appareils électroménagers et de les couper à distance pour optimiser leur consommation. Les objets smart s’introduisent jusque dans les compteurs électriques, désormais remplacés par des compteurs intelligents capables de mesurer et de facturer la consommation réelle des ménages. Aujourd’hui, grâce à des capteurs, on peut réguler la température d’une pièce en fonction de la présence ou non de personnes à l’intérieur.

… et même pour les voitures

Les voitures de demain seront gadgétisées jusqu’au volant. Equipées de plusieurs capteurs, elles permettront non seulement de transformer l’expérience de conduite, mais également d’assister les automobilistes tout au long de la route.

Grâce également à l’intégration de moteurs intelligents, on pourra contrôler la consommation devenue électrique ou utilisant l’électricité ou le solaire. Cette technologie est en passe d’être dupliquée pour les avions, les navires et les appareils destinés au spatial.

Dépendance africaine et cyber-sécurité

L’Afrique, en totalité ou en partie, se mettra à la mode des objets connectés, pour rattraper son retard technologique sur le reste du monde. Seul bémol, outre le sud-africain MTN qui développe toute une plateforme dédiée aux objets, peu d’entreprises africaines se sont laissés entraîner dans le mouvement. Ce constat soulève le problème de la dépendance de cette économie de sociétés étrangères qui vont se tailler la part du lion dans ce secteur porteur. Malgré cela, les start-ups poussent, mais n’atteignent pas souvent la taille nécessaire pour concurrencer des géants comme Microsoft ou Google, dans une Afrique où le produit local peine à convaincre.

Les objets connectés soulèvent également le problème de la cyber-sécurité. Sécuriser les données échangées entre les appareils, accentuer la fiabilité des objets, viennent compliquer la tâche, à l’heure où le hacking se développe à une vitesse galopante.

Tous ces défis ne doivent pas occulter le fait que l’économie des objets intelligents constitue le point de départ d’un décollage économique et technologique pour le continent. Mais l’essor de cette économie devrait s’accompagner d’une formation de ressources humaines qualifiées et plus encore, d’une imprégnation de la culture de la technologie. Alors seulement, le continent pourra prendre son envol dans ce domaine !

la Tribune Afrique

 

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