mercredi , 24 mai 2017
Assises de l’éducation : Une rencontre de plus ?

Assises de l’éducation : Une rencontre de plus ?

Les rideaux sont tombés sur les Assises de l’éducation après trois jours de conclave. Les principaux acteurs étaient de la partie pour plancher sur les problèmes (structurels et conjoncturels) de l’éducation et de l’enseignement.

Les problèmes du système éducatif ont été posés et diagnostiqués. Des recommandations ont été faites. Reste alors à les appliquer et à en assurer le suivi. C’est à ces deux niveaux justement que réside toute la problématique. Constituant les deux matrices d’une même entité, l’application et le suivi de décisions et autres recommandations laissent trop souvent à désirer. En sera-t-il de celles issues des Assises de l’éducation ? Les états généraux de l’éducation de 1981 n’ont pu empêcher l’année blanche (1988) et l’année invalide (1994) sous le régime d’Abdou Diouf…

Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, la pacification de l‘espace universitaire est un impératif et un préalable. Au même titre qu’une bonne administration qui prévoit et anticipe les probables problèmes, afin de les éviter ou au moins les amortir.

Pacifier l’espace universitaire, c’est faire comprendre aux apprenants que l’université est un champ de bataille d’idées et non une arène de gladiateurs. On a beau les soutenir dans leur bras de fer avec les autorités, mais force est de reconnaître une certaine gêne quand les journaux relatent une bagarre entre deux étudiants ayant entraîné la mort de l’un.

De la même manière, nul ne saurait comprendre, encore moins exonérer, les forces de police tirant sur des étudiants qui réclament des mois d’arriérés de bourses, dans l’enceinte même de l’université comme récemment avec la mort de Bassirou Faye. Un mois après ce drame, l’enquête suit son cours. Seulement, comme pour des histoires similaires, d’aucuns craignent que cette affaire ne se termine en queue de poisson. Et la déclaration du chef de l’Etat n’est pas pour rassurer les sceptiques. « L’opposition n’est pas étrangère aux violences à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui ont fait un mort. » Macky Sall, absent du territoire national au moment de ce malheureux évènement, accuse en effet l’opposition de vouloir « rendre le pays ingouvernable. » Pour un faux-fuyant, le refrain ne peut être plus commode. A chaque cas de violence de la sorte à l’université, le pouvoir ressort le même disque. Résultat : depuis la fin des années 1960, l’université sénégalaise traîne ses problèmes tels des boulets. Au fil des ans et des régimes qui se succèdent à la tête du pays, ces problèmes enflent et se complexifient sans que les différents acteurs ne trouvent de véritables solutions. Alors, oui pour des Assises de l‘éducation si elles permettrent réellement de diagnostiquer les entraves à un enseignement non exclusif et de qualité afin de les lever. C’est seulement à ce moment que ce genre de conclave cessera d’être une rencontre de plus et au sortir de laquelle les recommandations dormiront dans les tiroirs des autorités étatiques.

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A propos de Amadou BA

Journaliste - Chroniqueur

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