jeudi , 30 mars 2017
AFFAIRE ÉLÈVES-MAÎTRES : L’ASSEMBLEE NATIONALE « CASSE » L’ARRET DE LA COUR SUPREME

AFFAIRE ÉLÈVES-MAÎTRES : L’ASSEMBLEE NATIONALE « CASSE » L’ARRET DE LA COUR SUPREME

L’Assemblée nationale a «cassé» samedi dernier l’arrêt de la Cour suprême qui, dans l’affaire des élèves-maitres, a rendu public une notification annulant l’arrêté du ministère de l’Education nationale les excluant de la formation dans les Centre régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe). Alors que l’on examinait le budget du ministère de l’Education, adopté à l’unanimité avec une hausse de 6 milliards FCfa pour la gestion 2016, les collègues à Moustapha Diakhaté, président de la majorité parlementaire, ont exhorté le gouvernement à être ferme à l’égard des élèves-maitres exclus et de ne jamais envisager leur réintégration ni dans la formation, ni dans la fonction enseignante. Pour passer à l’acte, la représentation nationale engage d’ailleurs une résolution de soutien pour lutter contre la fraude.
Le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam peut compter sur les députés de la majorité dans l’affaire dite de fraude des 690 élèves-maitres du Concours de recrutement des élèves-maitres (Crem).En effet, lors du vote du budget du département du secteur qui a connu une hausse de 6 milliards FCfa pour la gestion 2016, les députés ont encouragé le ministre dans la traque des fraudeurs et ont exhorté le gouvernement à être ferme à l’égard des élèves-maitres exclus des centres de formation pédagogique. Non sans inviter le ministre de ne jamais envisager leur réintégration ni dans la formation, ni dans la fonction enseignante.

Faisant fi de la notification de la Cour suprême d’annuler l’arrêté du ministère de l’Education nationale les excluant de la formation dans les Centre régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe), les députés, dans une dynamique, disent-ils, de promouvoir une éducation de qualité, souhaitent “l’élaboration d’un arsenal juridique pour punir sévèrement les fraudeurs aux examens et concours”. L’Institution parlementaire invite le ministre à impliquer “les associations de parents d’élèves dans le combat que tous les citoyens doivent mener contre les fraudeurs qui voudraient pervertir notre système éducatif“. Revenant sur les fraudes qui ont entaché le Crem de 2013, Serigne Mbaye Thiam a indiqué qu’il n’a “nullement été contesté la réalité de la fraude.“

Pour lui, “tous les arguments tournent autour des procédures et des formes utilisées pour exclure ces élèves-maitres, admis frauduleusement“. La Cour suprême avait rendu public, rappelons-le,  sa décision portant annulation de l’arrêté n°38 16 du 24 juillet 2014 relatif à l’annulation d’admission des élèves-maîtres par le ministère de l’Education nationale, après 5 mois de formation. L’arrêt stipulait que “l’admission déclarée des élèves-maitres incriminés ne pouvait être remise en cause, au sens de l’article 5 de la loi du 6 février 1970 modifiée“ et “qu’aucun texte, notamment l’arrêté interministériel précité, ne conférait, pour ce concours-ci, au ministère de l’Education nationale, le pouvoir d’annuler les admissions résultant des travaux de la commission de délibération“.

SERIGNE MBAYE THIAM : « Conflit entre la responsabilité d’éthique et celle de conviction »

“Je vous ai montré des éléments de fraude irréfutables. Dans un examen, le sort des candidats n’est pas lié, contrairement dans un concours. On ne peut pas annuler le Concours parce qu’on a identifié les fraudeurs. Candidat par candidat. Le procès-verbal de l’audition fait par l’inspecteur interne du ministère, a été signé par l’informaticien. Je ne vais pas prendre à la légère d’exclure 690 élèves-maitres. La fraude est établie. Peut-être que tous les élèves-maitres n’ont pas acheté leur place. Ce que la Cour suprême a jugé, n’était pas un recours de plein contentieux. Ils ne sont pas partis pour nier qu’ils ont fraudé. Ils se sont attaqués sur la forme de procédure. Conséquence : 690 élèves-maitres qui n’ont pas le niveau et appelé à former en moyenne 60 élèves pour chaque élève-maitre. Ce sont 41 400 élèves qui forment ; plus les 20 ans de carrière, ils seront 828 000 élèves sacrifiés. Parmi ces élèves-maitres exclus en 2013, il y en a qui ont fait le Concours de 2014. Un d’entre eux a fait 74 fautes sur une dictée de 374 mots. J’ai des copies de 140 fautes. Un dilemme se pose pour le gouvernement. Nous sommes partagés entre deux éthiques : l‘éthique de responsabilité et l’éthique de conviction.

La responsabilité voudrait que la décision de justice soit respectée. En tant que ministre de l’Education nationale, garant de la qualité des enseignements, ma responsabilité voudrait que ces élèves-maitres ne puissent pas enseigner. Conflit entre deux notions d’éthique. Comment un étudiant recruté de cette façon peut enseigner la morale, l‘instruction civique. Des mesures sont indispensables pour préserver la qualité des enseignements et l’intégrité des Concours“.

Un front national contre la fraude et les fraudeurs

C’est le président du groupe parlementaire de la majorité qui a enfoncé le clou en déclarant que “l‘assemblée nationale va mettre en place un front national pour tuer contre la fraude“. Pour passer à l’acte, Moustapha Diakhaté a annoncé la réouverture d’une résolution de soutien pour la lutte contre la fraude, déjà signée par plus de 60 députés. “Vous avez la représentation nationale avec vous pour sortir l’école sénégalaise de la fraude et des fraudeurs. L’assemblée nationale dit non aux fraudes et aux fraudeurs !“, a-t-il rassuré le ministre.

CONSTRUCTIONS UNIVERSITAIRES : Les députés réclament un échéancier des travaux

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté un document relatif à la situation d’exécution des projets de son département en phase avec les décisions présidentielles sur les Concertations nationales sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Alors qu’ils ont voté le budget du ministère qui a connu une hausse de 19 milliards FCfa, les députés ont toutefois invité Mary Teuw Niane à définir un calendrier d’exécution des chantiers. Répondant à ces interpellations, le ministre est revenu sur le niveau d’exécution des chantiers et la question des œuvres sociales.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane, a fait face à la représentation nationale hier, dimanche 6 décembre, dans le cadre du vote du budget de son département où la question des travaux de l’élargissement de la carte universitaire a été soulevée.  Parcourant le document présentant la situation d’exécution des projets du ministère de 2015 remis par les services du ministère, les députés ont invité le ministre à les informer sur les périodes de réalisations et le taux réel d’exécution des chantiers.

Pour rassurer les députés, l’ancien recteur de l’université Gaston Berger de Saint Louis a indiqué que “la convention de financement de l’université Amadou Makhtar Mbow est déjà signée. Il a été retenu une première phase qui se termine en octobre 2016, permettant l’ouverture de cette université et une seconde phase qui prend fin en juin 2017, avec l’achèvement des travaux“.

S’agissant de l’achèvement des chantiers engagés depuis le régime précédent, il est attendu vers novembre et décembre 2015. Il s’agit des travaux de la faculté de Médecine de l’Ucad ; la bibliothèque de l’université de Bambey, le pavillon d’hébergement, l’amphithéâtre et les salles d’informatique de l’université de Ziguinchor.

Œuvres sociales : des états généraux du Coud souhaités

Abordant la question des œuvres sociales à laquelle les députés souhaitent la tenue des états généraux du Centre des œuvres universitaires de Dakar, le ministre a indiqué qu’une réforme des œuvres sociales est envisagée, après la réforme pédagogique. “L’objectif est de décharger l’Etat du lourd fardeau que constituent les œuvres sociales et d’orienter, en conséquence, les ressources publiques vers le pédagogique“, a souligné le ministre. Non sans indiquer qu’une réflexion doit être engagée sur de nouvelles orientations qui privilégieraient le pédagogique.

ECHOS… ECHOS… ECHOS…

BUDGET 2016 EDUCATION NATIONALE : La masse salariale pèse 85,1 %

Le budget du ministère de l’Education nationale a connu une hausse de 6 milliards FCfa, soit 376 909 114 000FCfa contre 370 742 561 060 FCfa. Le montant des dépenses de personnel est arrêté à la somme de 223 721 965 000FCfa (59%) contre 212 271 959 060 en 2015, soit une augmentation de 11 milliards en valeur absolue et 5,39% en valeur relative. En y ajoutant les 97 milliards pour les corps émergents, le taux de masse salariale passe à 85,1%.

Résorption des abris

En dépit de la résorption progressive des abris provisoires, par les importants investissements déployés en faveur de certaines localités, les députés ont exprimé la nécessité de remplacer les abris de Touba commune, Diabé et Pakour. Et certainement la région de Sédhiou. A cela s’ajoute la construction des établissements scolaires pour venir à bout des effectifs pléthoriques des classes. Les députés ont sollicité un mur de clôture de l’école Ounou Baba (Bakel) afin de mettre fin à la divagation des animaux dans l’enceinte de l’école qui constitue un danger pour les élèves.

Carte scolaire

Répondant à l’interpellation des députés qui ont souhaité disposer des statistiques sur la carte scolaire, Serigne Mbaye Thiam a fait savoir qu’il a été dénombré 308 lycées, 186 lycées à deux cycles (de la 6ème à la terminale), 122 lycées à cycle unique (de la Seconde à la Terminale) ainsi que 993 CEM.

Revoir 10 ans de cycle fondamental

Lors de l’adoption du budget 2016 du ministère, les députés ont suggéré de revoir “le passage automatique en classe supérieure consécutif à l’obligation de scolarisation de dix ans du cycle fondamental“. D’autant que cette mesure, disent-ils, conduit à une baisse de niveau. “Il faudrait prévoir la réinsertion des élèves qui, au bout de cette période décennale, sont obligés de quitter l’école pour insuffisance de résultats”, lit-on dans le rapport de la Commission.

Plan d’éducation sécuritaire

Le maintien des filles inquiète la représentation nationale. Des motifs d’inquiétude ont été soulevés surtout pour les filles des localités minières et d’orpaillage de Kédougou. Ainsi, ils ont demandé la mise sur pied d’un Plan d’éducation sécuritaire entre le ministère de l’Education et le ministère de la Santé.

Un audit des check-off exigé

Le ministre a annoncé que l’élection de représentativité sera organisée avant la fin de l’année scolaire 2016. En attendant l’effectivité de cette annonce pouvant permettre à l’Etat d’avoir des interlocuteurs “légitimes”, les députés ont invité le ministre de faire diligenter un audit des check-offs qui sont versés aux syndicats. Pour assurer un meilleur contrôle de fonctionnement, les députés estiment que “obligation doit être faite à ces organisations syndicales de fournir leurs rapports d’activités et leur bilan financier chaque année”.

BUDGET 2016 ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : Une hausse de 19 milliards FCfa

Le budget du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a été arrêté à la somme de 149 240 715 300 FCfa contre 130 197 482 440 FCfa pour la gestion 2016. Il enregistre une hausse de 19 milliards FCfa. Le montant des dépenses de personnel est fixé à la somme de 563 797 300 FCfa contre 490 052 440 FCfa, soit une hausse de 73 millions FCfa.

Résultats scolaires : Ucad traine toujours les pieds

L’ancien Recteur de l’université Gaston Berger de Saint Louis a fait savoir que le taux de réussite des étudiants de 1ère année est de 21% et devrait passer à environ 60% à l’horizon 2017. Toutefois, il a informé de la progression des taux de réussite en 1ère année, de 70% à 80%, dans les universités de Thiès, Bambey, Ziguinchor et Saint-Louis. Réagissant à la crise et aux résultats médiocres des étudiants, le ministre a annoncé que “l’objectif étant d’atteindre 80% à 90% au terme des Contrats de performances 2017”.

Equivalence des diplômes

La nouveauté en 2015 est la signature par Macky Sall du décret relatif à la reconnaissance, au classement et à l’équivalence des diplômes de l’Enseignement supérieur. Ce décret qui définit la procédure relative à la fonction publique, s’applique aux établissements publics et privés ainsi qu’aux diplômes entrants.

Sudonline

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